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L'Anatole Crew, ça date d'où, ça s'est fait comment ? FX 909 : On vient tous du 95 (Val d'Oise). On organisait des
soirées chacun dans notre coin, et on a été présenté, naturellement. A l'époque
(1994), on jouait surtout dans des frees. Pas de flyers, pas d'organisation structurée,
ça se faisait à l'arrache, 200 ou 300 personnes qui se pointaient par le bouche à
oreille. C'était à Villier-Adam, à la champignonnière de Mériel (qui a cramée
depuis), ou un peu n'importe où. Volta faisait déjà de la jungle, et personne n'en
voulait, il faisait fuir tout le monde... Depuis, justice lui a été rendue ! Moi, je
jouais plutôt hard techno et hardcore, Jérôme (Jee) mixait house et techno de Detroit.
En parallèle, on commençait à jouer au Pigall's, à l'Hôpital Ephémère...
La fusion vers l'Anatole Crew et les soirées en
"club" a été rapide ?
Le plaisir que l'on a éprouvé lors de nos
premières soirées a été le vrai vecteur de cette fusion. Pas de business, des fêtes
spontanées. L'Anatole Crew n'est pas vraiment une structure statique, il y a en fait une
dizaine de personnes qui gravitent autour.
Jee, Volta et moi, on ne fait que représenter le crew, en queqlue sorte. Et si tu veux
une révélation exclusive, l'Anatole vient d'un coin d'Argenteuil que nous avons pas mal
fréquenté... la rue Anatole France. Voilà pour l'info !
Aujourd'hui, vous jouez surtout quoi ?
Volta reste jungle, Jee se dirige plus vers la
techno pure et dure, et moi je navigue un peu entre les deux, même si je suis plus
"connu" pour mes sets techno. Je fais un peu de tout, je m'amuse à faire
n'importe quoi...

L'Arapaho c'est fini... Vous préparez d'autres
soirées "résidentes" ?
Non, Tant qu'on n'a pas trouvé un lieu
intéressant à exploiter, on ne fera rien.
Quelles sont les conditions ?
Un prix d'entrée raisonnable, des consos pas trop
chères, du gros son... ça serait déjà pas mal.
Et ça n'existe pas à Paris ?
Il faut croire que non...
A Londres ?
Là c'est différent. Déjà, la scène techno
n'existe quasiment plus. C'est mort. A côté de ça, la scène jungle est hyper active,
même si elle n'est représentée que par une poignée de personnes. Mais là encore, il y
a pas mal de gens qui commencent à être gavés.
La grande différence à Londres, c'est qu'il y a beaucoup plus de frees
"intra-muros", tous les week-ends. Et il y a les radio pirates qui font tourner
le truc. En gros, il y a beaucoup plus de possibilités. Cinquante fois plus de clubs,
mais aussi cinquante fois plus de merde...
Plus terre à terre : les anglais réussissent mieux parce qu'ils ont beaucoup plus de
facilité à monter des structures professionnelles. Donc ils sont pros...
En tant que DJ, le web te permets de surveiller ce
qu'il se passe là bas ?
Oui, je vais très souvent sur l'excellent neurofunk.com, un site dédié à trois artistes (Ed
Rush, Optical, Matrix). Il y a une rubrique Cutting Room qui présente tous les derniers
dub plates joués par les dj's anglais. Des disques qui sortiront peut-être dans un
an... Sur ce site, il y a aussi une radio, et des liens vers les designers qui font
les pochettes jungle. Que du bon.
Tu te sers de sons péchés sur le net ?
Pas sur neurofunk, qui ne propose que des fichiers
en streaming, mais ça m'arrive d'utiliser du wave sur d'autres sites.
D'autres sites que tu recommandes ?
mamma.com pour
la recherche, acidfont.com pour les typos
monstrueuses, altern.org/dnb, un pote qui fait un
site sur la jungle avec plein de photos de soirées.
Je m'apprête à ouvrir un site, sur perso.club-internet.fr/fx909.
D'ici peu...
10.11.99. Propos recueillis par alex |