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Closing Time
1973


Blue Valentines
1978


Mule Variations

1999

 

 

 

 

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Tom Waits
looser magnifique

* sur scène * bio * discographie


On stage with the Mule

Le Monsieur Loyal du rock, c’est lui, épouvantail sublime tombé dans un tonneau de Gin. Les 29, 30 et 31 mai derniers, le porte voix à la main, Tom Waits se frayait un chemin à travers la salle du Grand Rex pour aller nous faire tituber avec lui pendant plus de deux heures délirantes, porté par une salle chauffée à blanc. Malgré des tarifs prohibitifs, il aurait fallu être fou pour manquer pareil événement, surtout que, pour d’obscures raisons, Tom Waits n’était pas venu chanter en France depuis quelque chose comme quinze ans. Presque toujours courbé, à moitié disloqué, les poches pleines de poudre d’or qu’il lançait autour de lui comme un magicien ivre, il a interprété des titres de son dernier album "Mule Variations" et des morceaux plus anciens, comme "Innocent when you dream" ou "Johnsburg Illinois" par exemple. Parfois penché sur son piano, plaisantant ou contant (des histoires d’arbres tordus, de personnages improbables) Tom Waits emplit l’espace de sa présence, n’ayant besoin d’aucun autre artifice que de lui-même. Sa voix éraillée, brisée, d’une rare puissance en "live", est un instrument de musique à part entière, un instrument fabriqué sur un rebord de comptoir, ciselé au mégot de cigarette et patiné sur les boulevards à quatre heures du matin. Jusqu’au bout, il nous aura fait passer d’une émotion à l’autre, d’un style de musique à un autre, blues, rock, ballades "Kurt Weilliennes", sans le moindre temps mort, nous laissant ruinés, épuisés, heureux, le cœur récuré au papier de verre. Que vous ayez eu la chance d’y être ou que vous soyez en train de vous mordre les doigts en lisant ces lignes, voici de toute façon l’occasion de revenir sur le parcours de cette "vraie" légende de la musique américaine.

From Kentucky Avenue to the low side of the road "I got a half pack of Lucky strikes man come along with me"

Tom Waits, de son vrai nom Thomas Alan Waits est né en Californie, en 1949, le jour de l’anniversaire de Pearl Harbour, une date explosive comme il se plait lui-même à le rappeler. Bien qu’il aime à raconter qu’il ait été conçu, où qu’il naquit (?), parmi les ordures et les bouteilles brisées, il y a fort à parier que ses parents, tous deux professeurs, ne se roulaient pas forcément par terre à la sortie des bars. Mais l’histoire véritable a peu d’importance, Tom aime raconter des histoires et brouiller les pistes. Pris par le démon de la musique très jeune, il apprend le piano tout seul, puis la guitare. Obsédé par Bob Dylan, il décore les murs de la maison familiale de ses textes. L’esprit des années 60 le marque profondément, principalement les idées véhiculées par la Beat Génération. Les hobos et les "vagabonds célestes" de Jack Kerouak l’inspirent et font germer en lui cette passion pour une société en marge, peuplée de "freaks" et de perdants magnifiques.

"Romeo is bleeding but no as you’d notice / he’s over on 18th street as usual"

Le début de sa carrière est en accord avec cet idéal, il traîne de petits boulots en activités diverses pour survivre mais commence très tôt à se produire et à faire connaître ses propres compositions. C’est Herb Cohen qui lui fait signer son premier contrat avec le label Asylum. En 1973, c’est la sortie de son premier album, "Closing Time", truffé de futurs standards comme "Martha", repris d’ailleurs la même année par Tim Buckley sur l’album "Sefronia". L’album est mélodique, empreint d’une mélancolie nourrie par la vie qu’il mène à l’époque, une vie de bohème et de piano-bar, et sa musique ressemble à l’improvisation d’un crooner ivre. Tom va jusqu’au bout de lui-même pendant cette période et se plonge à corps perdu dans tous les excès. Il rencontre Rickie Lee Jones et vie avec elle une passion amoureuse et musicale. C’est l’époque de "Nighthawks at the dinner" (1975) et de "Blue Valentines" (1978), très inspiré par le blues et le jazz, arpégeant aussi bien le piano, la guitare sèche et le ténor sax.

"Who are you ?"

Les influences musicales de Tom Waits sont pour le moins hétéroclites. Il dit lui-même aimer les tangos classiques d’Astor Piazzola, Yma Sumac (capable d’imiter le vent ou les animaux de la jungle, on se doute que cette forme de "monstruosité vocale" doit lui plaire, écoutez "Chuncho" par exemple, vous comprendrez !), mais aussi Edith Piaf, Dinah Washington, Louis Prima, Wagner ou Les Pogues, bon sang irlandais ne saurait mentir. Et le blues bien sûr… L’influence cinématographique est également très présente dans l’œuvre de Tom Waits, il commence d’ailleurs à composer pour le cinéma dès 1979 et participe aux compositions des bandes originales de, entre autres, "Down by Law" (1986), "Night on Earth" (1991), "Smoke" (1995) ou "The end of violence" en 1997. Non content de composer pour le cinéma, il joue également dans de nombreux films où il incarne des rôles qui se rapprochent en général de son personnage "kerouakien" comme dans "Down by Law" et "Mystery Train" (1989) ou dans "Dracula" (1992) de Francis Ford Coppola où il joue une sorte de fou furieux avec un talent confondant…

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