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Flu : De quelle manière êtes-vous impliqués dans la vie du label ? D’ailleurs Matt n’est pas là pour répondre également à cette question ?

Peter : Non, Matt est occupé à travailler en studio pour le moment. Le label a démarré en 1990, sur l’initiative de Matt et John, et j’ai rejoint le projet en 1992. Maintenant, dix ans plus tard, ils sont tous les deux plus directement impliqués dans tout ce qui est «live work» et les décisions à prendre à ce niveau…

JM : … et Peter chapeaute tout ce qui est travail au quotidien, un élément essentiel sans lequel le label n’existerait pas… Sinon, j’ai toujours mon studio, et Matt en a un également, dans les locaux du label. Tout le monde communique avec tout le monde et c’est ce qui est vraiment bien. J’aime me trouver là, savoir ce qui se passe et m’assurer que tout se déroule bien. Sinon, nous avons d’autres activités en parallèle. Nous avons toujours notre show à la radio, enregistré maintenant dans les locaux de la BBC, à Londres, notre travail sur Internet, et avec ça, la production ( ?) avec D.J Food qui fournit les mixes. Ensuite, il y a la création et le remixage de « Coca » music, une chose sur laquelle Matt et moi nous concentrons beaucoup. Matt est plus impliqué dans tout ce qui est bases informatiques sur V-Jamm, tout ce qui concerne la vidéo, le développement du software et également Parrot TV, un programme de notre site Internet que nous réalisons habituellement le mercredi. D’autres personnes s’occupent de la conception des programmes les autres jours. Radiohead a été programmé sur Parrot TV, ainsi que des artistes comme Clinton par exemple. Matt s’occupe activement de tout ça et compose la musique, bien sûr. Voilà en gros de quoi est fait notre quotidien, sans compter les tournées, les «live works», les interviews, la presse… (rires)

Flu : Et pour tout ce qui concerne les projets techniques, le V-Jamm par exemple, y contribuez-vous directement ou vous contentez-vous d’avoir une idée et de la faire développer par d’autres ?

JM : Et bien, pour ce qui est du V-Jamm, le processus a été long. L’idée a été lancée en 1993 ou 1994 car nous voulions avoir un certain contrôle sur la vidéo. Il s’agissait d’une sorte de réaction au mouvement « rave ». Nous nous sommes intéressés au mouvement « chill out », en allant à des soirées comme « télépathic fish », qui étaient des alternatives aux raves traditionnelles, et à cette forme particulière de la Dance Music. Impossible dans ce genre de soirée de se reposer uniquement sur le rythme de la musique pour obtenir une quelconque excitation. Tu avais donc vraiment besoin d’une autre forme de stimulation et la projection vidéo est devenue une part importante de tout ça. A partir de là, l’idée d’obtenir une coordination entre le son et l’image s’est imposée d’elle-même. Dans ce club, nous avons rencontré des personnes de « Camart » ( ?) qui s’occupaient de programmation informatique. Ils travaillaient sur des machines performantes et étaient déjà capables de modifier des vidéo clips grâce aux ordinateurs, un principe que Matt et moi avions très envie de développer. Bien sûr, X-tatic est une sorte d’aboutissement mais c’est vrai que le cheminement a été plutôt lent. Travailler sur les machines, voir si elles fonctionnent correctement, modifier les orientations, tout ça prend forcément du temps. Une première version du V-Jamm a été disponible, par démo copie, dès Let Us Replay mais ce n’était pas une version vidéo mais musicale. Le V-Jamm 
s’est énormément amélioré depuis sa forme initiale. Nous nous sommes attachés à en développer le côté fonctionnel, mais également la fonction « scratch » ; on peut également avoir 32 clips sur l’écran en simultané. C’est un système en constante évolution et nous sommes en permanence en train d’améliorer son design et d’y apporter de nouvelles modifications.

Flu : Pensez-vous bientôt vendre des programmes ?

JM : Mais V-Jamm est déjà à vendre sur notre site Internet ! Tu peux le commander dans sa version de base pour 30 Livres. Il existe également une version professionnelle, d’une qualité supérieure mais c’est bien sûr beaucoup plus cher… quelque chose comme 300 livres. J’aimerais en vendre plus et vraiment convaincre les gens de l’importance et de l’intérêt de ce programme. La vidéo est un média essentiel mais sa forme est un peu périmée. Les images et les visuels réalisés en digital sont les modes de l’expression de l’avenir.

Flu : Est-ce que la politique de Ninja Tune est justement de convaincre les gens ?

JM : Les convaincre, et peut-être les rassurer. Acheter un nouveau programme, quelque chose de nouveau en général, c’est toujours une prise de risque, et tu reviens chez toi en pensant quelque chose du genre : - « Est-ce que mes potes ne vont pas se moquer de moi si j’achète ça ? » (rires). C’est un instinct naturel et j’aimerais pouvoir l’atténuer et rendre les choses plus compréhensibles pour plus de gens. C’est l’aspect «évangélique» du business.

Peter : Attention ! Nous ne sommes pas des évangélisateurs fous ! Ce n’est quand même pas trop notre style !

>> Suite de l'interview : connexions organiques


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