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Flu : Parlons un peu de Coldcut, et plus particulièrement du concept de Digital Jockey que Matt et toi semblez avoir lancé
JM : le terme DJ a été pas mal remixé
Au début, cétait simplement quelquun qui mettait des disques, un pousse-disque, comme les «musiciens» de Sacha
Distel
. Puis le DJ a commencé à jouer vraiment avec les disques, en prenant deux copies de la même galette pour décaler ou prolonger le morceau. Cétait
cependant toujours une vision analogique du DJing, avec platines et disques vinyles. Le Digital Disc Jockey travaille avec des informations digitales de toutes natures :
une console, du mp3, des vidéo-clips, des .avi (format de fichier vidéo)
toutes sortes de sources digitales. Le Digital Jockey est celui qui manipule toutes ces
sources pour en faire quelque chose en soi.
Flu : Le scratch fait partie de cette manipulation ?
JM : Avec Coldcut, cest surtout Matt qui fait du scratch « vinylique ». Moi je préfère les logiciels. Jaimerais tout pouvoir faire avec une console. En plus je ne suis
pas terriblement bon en scratch manuel. Jai les sons dans la tête, mais pour une raison que je ne saurais expliquer, ils ne descendent pas jusque dans mes mains
Flu : Et le Video Scratching ?
JM : ça arrive ! Cest un des trucs quon essaye de développer avec le V-Jamm. Cest certainement promis à un bel avenir
Flu : On vous a appelé les « Dance Floor Wizards » (les sorciers de la piste). Vous êtes daccord avec cette appellation, qui nest pas forcément évidente à lécoute
de vos disques ?
JM : Cest clair que nos derniers albums, notamment Let Us Play et Let Us Replay, ne sont absolument pas « dance floor »
peut-être Beats & Pieces, qui
fonctionne très bien sur une piste
Mais nos concerts et nos sessions en tant que DJs sont très différents, davantage tournés vers la danse. On aime autant donner
à écouter que donner à voir. En tant que DJs, on arrive encore à faire trembler un dance floor ! Mais cest certain que Coldcut en tant que producteur de musique
nest pas orienté dance floor
Flu : Vous vous êtes sentis proche de la scène rave
?
JM : Pas vraiment. Cest assez marrant parce quune partie de la presse nous considère toujours comme des DJs house, depuis « Doctor in the House » et « The
Only Way is Up », de très gros hits auxquels nous avons été associés. Mais même à cette époque, on ne faisait pas que de la house music, on faisait des choses très
différentes, des gogo tunes, du hip-hop, des remix rock
Quand la house a explosé en scène rave, ça mest apparu un peu étroit, un peu confiné : il fallait
absolument jouer de la house music, alors quavant je pouvais jouer ce que je voulais. Je men suis un peu éloigné, jen étais un peu saoulé
Lénergie, ça oui.
Lénergie des raves, ça jadore. Quand on a développé le projet DJ Food par exemple, on est passé à quelque chose de plus « arty » tout en essayant de capter
cette énergie. Je crois que le trip-hop, et particulièrement le big-beat, sont nés par réaction au mouvement rave, en tentant de retrouver cette énergie sans utiliser le
sempiternel « Boum Boum Boum Boum » de la rave « basique ».
Flu : Vous avez joué sur de grandes scènes type rave ?
JM : On a joué sur tous types de terrains
des chiottes dune boîte de nuit à un parterre de 25000 personnes
les deux extrêmes.
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Suite de l'interview :
prophètes en leur pays
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