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Glam Rock Boom

[discographie]
David Bowie
(suite)

A l’époque de " Space Oddity ", David Robert Jones (qui avant ça nous avait pondu des chansons à deux balles dont j’ai dare-dare revendu les compiles chez Gibert jeune…) n’est encore que l’ersatz d’un Robert Zimmerman un tantinet précieux dont l’engouement pour un certain festival de woodstock relève de la déification (its was heaven… mais ouuui…).


Le petit David a certes réussi à caser la rythmique lancinante de Space Oddity (extrait) et sa voix si particulière au journal télévisé pour couvrir l’alunissage de l’Amérique victorieuse, tout ça reste un brin marqué par l’époque.
 

Puis, flanqué depuis l’origine de Tony Visconti, l’alien s’adjoint les services électrifiés de Ronson, Mick Ronson, émule déjanté et livide d’un certain Jimi Hendrix.

La collaboration donnera l’ambitieux Man who sold the world et des joyaux aussi dépressifs que résignés tels All the madmen ou After All (on se marre pas tous les jours à c’t’époque…).

Après s’être copieusement offert la planète, Bowie va alors pondre quasi concomitamment les trois albums mythiques des années 70 : " Hunky Dory ", The rise and fall of Ziggy Stardust and the spiders from mars " et " Aladdin Sane ".

Né d’une Ava Gardner éthérée aux poses savamment calculées, le personnage de Ziggy Stardust (dont le patronyme emprunte tout connement à l’enseigne d’un tailleur anglais et au legendary Stardust Cowboy) sera, tout à la fois et dans le désordre, une geisha période Edo, un mime Marceau cocaïné et un shadu maladif et provocant à la durée de vie maximum de 5 ans (Five years).


En plein Glam Rock Boom, le mythe du " guitariste gaucher qui jouait trop vite " (j’connais le problème…) va bousculer les acquis bien pensants de l’époque ne serait ce qu’en démontrant qu’on peut être pédé comme un phoque, étonnement cultivé pour un chanteur de rock forcément un peu limité (sinon il aurait fait un métier sérieux mon chanteur…) et purement génial.


Ziggy va néanmoins rapidement s’auto-détruire comme en attestera le Rock n’roll suicide scandé à la fin de l’ultime concert à l’Hammersmith Odeon de Londres en 1972, événement qui allait donner vie au double album dont la pochette calcinée à la cigarette devait être le faire part définitif de décès des araignées de la planète rouge.

Entre temps, Bowie avait eu le temps d’enfiler les saillants collants blancs du speedé Aladdin Sane (A Lad Insane) afin d’exorciser les Jean Genie et autres démons confortablement ancrés dans son cerveau déjanté à grand coup de riffs enroués et acérés.

Petite pause avec " Pin Ups " histoire pour Bowie d’enregistrer tout le bien qu’il pense des Barrett, Townshend et… Brel, bref de faire le lien entre folk psychédélique, punk et… chanson française (la classe quoi…).

L'album Diamond dogs marquera ensuite l’achèvement, en 1974, d’une période dite décadente et la remise en liberté des créatures de foire trop longtemps investies par la schizophrénie du beau David (fin de période oui, car après ça, finit les coupes de cheveux auburn genre choucroute-pain de sucre, à la brillantine…).

L’ère qui s’ouvre ensuite avec le trop discret Station to station sur la trilogie " Heroes ", " Low " et " Lodger " s’avérera encore plus cérébrale, revendiquant pompeusement quand même, une " new age music " marquée par l’expérimentation.

Avec la complicité de Brian Eno, de Paris à Berlin, Bowie se lance en effet dans d’invraisemblables instrumentaux et dans des chansons à texte plutôt surréalistes genre l’histoire de Joe le Lion ou de la voiture avec laquelle on s’accidente sans arrêt (Joe the lion, Always crashing in the same car).

Parallèlement, Bowie sort d’une merde noire Iggy Pop et produit " The Idiot " et " Lust for life ", histoire de rester auprès du mythe de la star en perdition, dut-il vivre tout ça par procuration. En prime, ça donnera un pauvre duo sur What in the world pour " Low ".

Bowie amorce ensuite les années 80 solidement appuyé sur les guitares incisives de Carlos Alomar et Robert Fripp avec un " Scary Monster " à l’intro japonisante (It’s no game), revisitant un passé glorieux et révélant que le Major Tom de " Space Oddity " n’était rien d’autre qu’un sale junkie.

Pour la suite, courant après l’air du temps, Bowie atteint son plus gros succès commercial avec Lets Dance suivit de " Tonight " et de ses histoires de " Blue jean ", empruntant allègrement (et en moins bien) à ses précédentes collaborations avec Iggy Pop (China Girl, Tonight).

Jusqu’à Tin Machine, le groupe destiné à remonter le rock, Bowie fera dans le décousu, de la musique de film à deux sous (Absolute Beginners) à des albums peu probants (Never let me down) en passant par un statut d’acteur parfois controversé.

En 1989 donc, du retour aux sources en boîte à conserve (deux guitares, une basse, une batterie et un son quasi live), en compagnie des frères Sales (les fameux Dum dum boys de " The Idiot ") et du guitariste avant gardiste Reeves Gabrels, vont naître deux opus (Tin Machine et Tin Machine II), aussi mal compris que flamboyants, résumés par une simple phrase " I can’t read shit anymore "…

N’empêche que les beaux costards noirs en série et les chemises blanches finiront là encore par fatiguer le beau blond et que les années 1990 fourniront à Bowie d’autres sources d’inspirations.

Après la plantade carabinée de " White tie Black noise ", l’Art Ritual Murder dépeint, au travers des aventures du détective Nathan Adler, sonorisera avec " Outside " les bandes sons de Seven (The hearts filthy lesson) ou du Lost Highways de David Linch (I’m deranged).

" Earthling " en 1997 conduira Bowie en plein sur les autoroutes de l’information, faisant du Business man quinquagénaire l’un des précurseurs du téléchargement d’enregistrements numériques, bien avant les médiatiques expériences de distributions sécurisées d’Hours.

" Hours " justement (la chronique arrive bientôt...), dont le prétendu et récurent retour aux origines coulerait de source, a été annoncé comme le disque de l’année. Bowie, qui au passage s’est pris dix ans de moins et dix centimètres de cheveux de plus, y affiche un son en permanence influencé par un Reeves Gabrels décidemment génial.


A cinquante berges bien sonnées, l’ex diva du Glam Rock, caméléon génial et pie voleuse décriée, business man éclairé et personnage de synthèse en 3D, Vampire baroque, pervers ou inquiétant, reste la valeur sûre, bien devant les Jagger, Mac Cartney ou autres essoufflés qui, à l’époque, n’en avaient soit disant rien à foutre (It’s only rock’n roll…).

 

 

Le site officiel de Bowie (discographie, art work...) :davidbowie.com

 


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