Ziggy va néanmoins rapidement sauto-détruire comme en attestera le Rock
nroll suicide scandé à la fin de lultime concert à lHammersmith
Odeon de Londres en 1972, événement qui allait donner vie au double album dont la
pochette calcinée à la cigarette devait être le faire part définitif de décès des
araignées de la planète rouge.Entre
temps, Bowie avait eu le temps denfiler les saillants collants blancs du speedé Aladdin
Sane (A Lad Insane) afin dexorciser les Jean Genie et autres démons
confortablement ancrés dans son cerveau déjanté à grand coup de riffs enroués et
acérés.
Petite pause avec " Pin
Ups " histoire pour Bowie denregistrer tout le bien quil pense des
Barrett, Townshend et
Brel, bref de faire le lien entre folk psychédélique, punk
et
chanson française (la classe quoi
).
L'album Diamond
dogs marquera ensuite lachèvement, en 1974, dune période dite décadente
et la remise en liberté des créatures de foire trop longtemps investies par la
schizophrénie du beau David (fin de période oui, car après ça, finit les coupes de
cheveux auburn genre choucroute-pain de sucre, à la brillantine
).
Lère qui souvre ensuite avec
le trop discret Station
to station sur la trilogie " Heroes ", " Low "
et " Lodger " savérera encore plus cérébrale, revendiquant
pompeusement quand même, une " new age music " marquée par
lexpérimentation.
Avec la complicité de Brian Eno, de Paris
à Berlin, Bowie se lance en effet dans dinvraisemblables instrumentaux et dans des
chansons à texte plutôt surréalistes genre lhistoire de Joe le Lion ou de la
voiture avec laquelle on saccidente sans arrêt (Joe
the lion, Always
crashing in the same car).
Parallèlement, Bowie sort dune merde
noire Iggy Pop et produit " The Idiot " et " Lust for
life ", histoire de rester auprès du mythe de la star en perdition, dut-il
vivre tout ça par procuration. En prime, ça donnera un pauvre duo sur What
in the world pour " Low ".
Bowie amorce ensuite les années 80
solidement appuyé sur les guitares incisives de Carlos Alomar et Robert Fripp avec un
" Scary
Monster " à lintro japonisante (Its
no game), revisitant un passé glorieux et révélant que le Major Tom de
" Space Oddity " nétait rien dautre quun sale
junkie.
Pour la suite, courant après lair du
temps, Bowie atteint son plus gros succès commercial avec Lets
Dance suivit de " Tonight " et de ses histoires de " Blue
jean ", empruntant allègrement (et en moins bien) à ses précédentes
collaborations avec Iggy Pop (China
Girl, Tonight).
Jusquà Tin Machine, le groupe
destiné à remonter le rock, Bowie fera dans le décousu, de la musique de film à deux
sous (Absolute Beginners) à des albums peu probants (Never let me down) en passant par un
statut dacteur parfois controversé.
En 1989 donc, du retour aux sources en
boîte à conserve (deux guitares, une basse, une batterie et un son quasi live), en
compagnie des frères Sales (les fameux Dum dum boys de " The Idiot ")
et du guitariste avant gardiste Reeves Gabrels, vont naître deux opus (Tin Machine et Tin
Machine II), aussi mal compris que flamboyants,
résumés par une simple phrase " I cant read shit
anymore "
Nempêche que les beaux costards
noirs en série et les chemises blanches finiront là encore par fatiguer le beau blond et
que les années 1990 fourniront à Bowie dautres sources dinspirations.
Après la plantade carabinée de
" White tie Black noise ", lArt Ritual Murder dépeint, au
travers des aventures du détective Nathan Adler, sonorisera avec " Outside "
les bandes sons de Seven (The hearts filthy lesson) ou du Lost Highways de David Linch
(Im deranged).
" Earthling " en 1997
conduira Bowie en plein sur les autoroutes
de linformation, faisant du Business man quinquagénaire lun des précurseurs
du téléchargement denregistrements numériques, bien avant les médiatiques
expériences de distributions sécurisées dHours.
" Hours " justement (la
chronique arrive bientôt...), dont le prétendu et récurent retour aux origines
coulerait de source,
a été annoncé comme le disque de lannée. Bowie, qui au passage sest pris
dix ans de moins et dix centimètres de cheveux de plus, y affiche un son en permanence
influencé par un Reeves Gabrels décidemment génial.
A cinquante berges bien sonnées, lex diva du Glam Rock, caméléon génial
et pie voleuse décriée, business man éclairé et personnage de synthèse en 3D, Vampire
baroque, pervers ou inquiétant, reste la valeur sûre, bien devant les Jagger, Mac
Cartney ou autres essoufflés qui, à lépoque, nen avaient soit disant rien
à foutre (Its only rockn roll
).
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