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Horace Andy sur scène avec Massive Attack

[biographie]
Horace Andy
Sweet as candy

Horace Hinds est né en 1951
en Jamaïque. Vers l’âge de vingt ans, il rejoint le mythique Studio One. Sous la férule du maître des lieux, Coxsone Dodd, il développe son talent de chanteur et de compositeur. Il devient Horace Andy en hommage à Bob Andy, méga-star jamaïcaine des sixties.

Horace ne perdait pas au change. Longtemps, il fut handicapé par son nom de famille, tout le monde en Jamaïque le comparant à son oncle, Justin Hinds, le roi du ska. Adolescent, Horace était en outre surnommé ‘Sleepy’ pour sa nonchalance. Va pour Andy, donc.

De toutes façons, Horace se verra affublé de multiples surnoms tout au long de sa carrière, jusqu’à être comparé à la douceur du sucre, comme le rappelle le sous-titre de cette chronique. En quelques années seulement, il supplanta tous ses prédécesseurs par son style inimitable et sa voix de falsetto. Entre 1970 et 1972, c’est-à-dire à ses tous débuts, il avait déjà accouché d’une bonne partie de son œuvre, en enregistrant Fever, Mr. Bassie, Skylarking, See a man’s face et quelques autres morceaux légendaires.

Pourtant, le premier titre d’Horace, Something on my mind, ne rencontre pas le succès espéré. Le Studio continue malgré tout de soutenir Horace, convaincu que sa voix et ses talents d’écriture le vouent à une carrière brillante. Aujourd’hui, ce premier enregistrement est devenu une bonne vieille rengaine reconnue comme un classique du genre.

Le succès survient avec Skylarking, un morceau planant construit sur un riff simplissime et entêtant. Horace y fait entendre une voix chaude et fragile, basse et grave, comme s’il s’agissait d’une discussion intime. Elle raconte la rêverie solitaire du rasta qui contemple le ciel. Bientôt, les producteurs jamaïcains s’arrachent le jeune prodige : Keith Hudson, Augustus Pablo, Derrick Harriot et Niney The Observer l’emploient à tour de rôle. Bunny ‘Striker’ Lee, éleveur de talents, reste malgré tout celui avec lequel Horace délivrera ses créations les plus abouties, rassemblées pour partie dans l’album The prime of Horace Andy.

Dans les années 80, Horace trimbale sa fausse nonchalance de Kingston à Londres et New-York, participant à diverses aventures numériques. Le guv’nor (autre surnom) apporte son soutien aux jeunes artistes anglais, américains et jamaïcains. Chaka Demus & Pliers, entre autres, bénéficieront de son concours. Installé aux Etats-Unis et dans la discrétion, Horace Andy a laissé sa légende se construire seule. La suite est connue : Massive Attack l’invite sur son premier album pour agrémenter ses créations de sa voix suave. Le succès des premiers entraînera la redécouverte du second, si bien que la promo de son dernier album, Living in the flood, n’hésitera pas à le présenter comme "le chanteur de Massiv Attack".

Trois bons albums valant mieux qu’une longue bio, retour sur l’œuvre du rasta trip-hop.

 

Lire aussi
la chronique de
Living In The Flood

[discographie]

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