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Je crois que tu fais un mauvais trip. Cette histoire de voyage
dans un Greyhound_bus qui se termine dans les toilettes,
là où tu as pris le bruit des roues pour une succession d'accords
plaqués sur un piano revenu des années 80, ces riffs électrifiés
qui rappellent le Velvet, tout ça ne me dit rien de bon. Ca
sent le meurtre, le stupre et la crasse, quelque chose entre
les Tindersticks et des Smiths qui auraient oublié de se laver.
Des histoires de parias et de mal aimés mais de l'autre côté
de la Manche, du rock pasolinien en quelque sorte, aïe, là,
tu y vas fort...
On aurait du t'avertir que la bande de Christian Quermalet
(un song-writer français qui a vécu à Londres, de son plein
grès, il faut se méfier !) n'étaient pas des gens fréquentables.
Trois albums seulement en dix ans, dont l'un, The Jim Side,
était déjà produit par Jim Waters, habitué de John Spencer
et de Sonic Youth, (des références en matière de "rock attitude"),
une collaboration régulière avec Yann Tiersen, en concert,
pour les "Black Sessions" de Lenoir, et sur disque, avec "Tout
est calme", tout ça aurait du te mettre la puce à l'oreille.
Et le nom du groupe, The Married Monk, non ?
Maintenant, regardes-toi. Tu vis A Life of Ease, en
te prenant ouvertement pour l'artiste anciennement, ou à nouveau,
on ne sait plus, appelé Prince, sur un pastiche irrésistiblement
dansant du nain pourpre, voix synthétique à la " Bob George
" du Black Album du même génial nabot et minauderies orgasmiques
de fille habillée comme sur ton classeur de 5ème comprises.
Et puis c'est l'enfer. Des morceaux en apparence élégants,
en réalité âpres et pervers, en particulier l'excellent Roma
Amor, ou carrément des ballades chantées en italien, A
Spasso, Ancora Tu, voir une reprise de Robert Wyatt, Sea
Song, tout ça t'entraîne sur les sentiers battus d'une
musique pour le coup vraiment "alternative".
Qu'est-ce que tu voulais espérer de gens qui chantent "My
only future is a pint of stout" (All I have) ? Te voilà
complètement accro, ce n'est pas moi qui viendrai t'aider.
Je le suis aussi.
Caroline
Bodin
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