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Basement Jaxx
Rooty
XL/ Delabel


Au fond, que les Daft considèrent les Basement Jaxx comme les fers de lance du renouveau tek-house ne relève pas du hasard. Les représentants en chef de la propagande poppy house n'ont pas eu à puiser trop loin le sens du rythme sucré (en Angleterre, à Brixton exactement), et, surtout, l'appréhension kitsch du monde des dance floor, présent sur le controversé Discovery qui divise encore la presse.

Felix Burton et Simon Ratcliffe doivent, comme les deux gamins parisiens, passer leur temps à rire, jouer à la marelle ou à cache-cache au lieu d'apprendre "Pro Tools" dans leur studio en latex gonflable. Et puis, ils ne travaillent pas assez leurs gammes mal apprises chez Prince ou Fatboy Slim, ces mêmes gammes qui trouvaient une nouvelle jeunesse dans leur passionnant premier album, dont on regrettera de ne pas retrouver la fraicheur.

On ne leur reprochera pas de passer pour des fainéants car ce LP est un bricolage incontrôlé d'hédonisme primaire assez jouissif par endroits (sauvons le discoïde Breakaway et le big beat musclé Where's your head at). La grammaire de ces petits prétentieux, faite de clichés de cartes postales, tombe malheureusement plus souvent à l'eau qu'à pic. En voulant jouer la carte du trop gratuit et de la facilité manifeste, à force de manger à tous les râteliers two-step/hard-step, à nous en mettre plein la vue à coup de breakbeat tordus, ils creusent un sillon glissant qui ne leur sied guère, alors qu'un peu de retenu dans les effets conduit à des joyaux house comme, par exemple, le dernier Schatrax.

L'ironie de la perfide Albion peut laisser insensible même lorsque certains musiciens anglais connaissent leur rock'n'roll "hall of fame" sur les bouts du doigts, au point de nous faire prendre des vessies pour des lanternes fumeuses (Oasis, vous vous en souvenez ?). Sur Rooty, comble, ont n'apprend rien que l'on ne sache (mieux) ailleurs, à moins d'être un adepte des sonorités débiles, des bouts de funk mielleux, des orfèvreries d'une nullité absolue, des vocaux tombant à l'eau, des percussions flasques… que sais-je encore. Une sorte de zoo coloré qui doit prendre toute sa dimension en live ou en mix alors que l'excta fait ses premiers effets, mais certainement pas en écoute de salon.

La jalousie de nos voisins suite au succès planétaire des deux robots français a t-elle conduit XL à sortir avec empressement une telle gageure ? On ne le saura jamais. Un singe albinos en pochette et un titre hors norme pour un album insensé à classer dans le rayon foutage de gueule bien fait, accompagné des frêres Gallagher qui adoreront l'album pour les mêmes raisons qui vous le feront détester. L'été du club med qui passe déjà en boucle l'exaspérant Romeo sera plus froid qu'à l'accoutumé.

Kwuti

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