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SimonNail

BENT
Programmed to love
(EMI)


Mort en espadrille

S'enfermer une semaine dans un appartement de Nottingham rempli de gadgets et de vinyls poussiéreux pour enregistrer un album est une expérience dont le caractère saugrenu se ressent sur ces quelques 18 plages electro . Programmed to love, c'est certain. Sorti il y a peu de l'autre côté de la Manche sans grosse promo européenne, ce disque aurait parfaitement pu nous passer à côté.

Bent à appris à jouer du sampleur allongé sur le sable chaud de la plage qui orne le mur de la maison de vos grands parents... l'aspect jauni donnant une contenance surfaite un brin attendrissante à ces ritournelles câlines. Ca pue les chaussettes trouées, le rance des fins de repas familiaux, mais on en redemande, quitte à passer pour un vieux croulant avant l'heure. Ce qui est touchant avec eux c'est leur attitude à dégommer nos a priori avec des effets très marqués, passés de mode, amalgames tristounets de vocaux dancefloor eurodance, de breakbeats un peu faciles, d'orgues bontempi désaccordés et bon enfant qu'on ne se serait pas vanté de posséder avant de les avoir entendu couiner ici, avec une magie crépusculaire renversante. Bon, ils tirent tout de même sur la corde sensible sur plusieurs tracks limites, mais avec une ceinture de sécurité si tendrement ajustée qu'elle leur laisse toujours une chance de s'en sortir sains et saufs grâce à des pirouettes parfois ridicules mais rattrapées par leur humour passe partout d'adultes non contrariés.

Au fond, Simon Mills et Nail Tolliday cachent tant bien que mal leur impuissance à ne pas savoir faire autre chose que de la bonne soupe populaire, celle avec de gros croûtons coupés par Fatboy Slim, qui suffisent amplement à la rendre délectable et pas trop écœurante, malgré son aspect bariolé et pourrissant.

Oyez bonnes gens, sur les parois les moins visibles de la marmite croupissent de belles bactéries infectieuses dont le contact vous conduira directement vers l'hôpital le plus proche, sans aucunes possibilités de guérison… Bent, ou comment mourir heureux.

Vive Bent.

Kwuti

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