concerts

bacs
music
bazar

             envoyez la musique !

 

LIENS

Le site de
Alpha

Cassiopée
(mp3 trip-hop sur flu)

Full Blown Kirk
(mp3 trip-hop sur flu)

Réagissez à cette
chronique sur
le forum de Flu

 

ALPHA
TheImpossibleThrill
(Delabel)


Mood Indigo

Bien que les membres du groupe s'en défendent, ceux qui ont apprécié le premier Alpha, Come to Heaven, aimeront tout autant le second, TheImpossiblethrill, tant il en est un parfait prolongement. Trip-hop évanescent, voix sublimes et éthérées, mélodies frissonnantes servies par des textes d'une esthétique tristesse, telle est la carte de visite d'Alpha, ou plutôt sa recette. "Glad to be sad" ("nous sommes heureux d'être tristes") comme aime à le proclamer Melankolic, le label de Massive Attack, et d'Alpha. Là encore, Corin Dingley et Andy Jenks, les deux instigateurs du groupe, refuseraient la définition, trop simple à leurs yeux.

Ils ont peut-être raison. C'est vrai qu'il se dégage de la musique d'Alpha une mélancolie poignante mais elle est finalement si abstraite, si étirée au fil des morceaux de l'album, qui eux-mêmes se déroulent, comme enchaînés les uns aux autres, sans véritable ponctuation, (TheImpossibleThrill), qu'elle en devient presque un prétexte. La musique d'Alpha est une humeur, une sensation de torpeur, de rêve éveillé, un kaléidoscope de sons devenus des cristaux multicolores. Par rapport à Come to heaven, la texture sonore est quasiment identique, pourtant la technique employée est différente. Les samples sont toujours présents mais ils glissent imperceptiblement au travers des morceaux et n'en constituent plus le corps. Ce sont plutôt des échantillonnages, de bruits d'oiseaux, de voix d'enfants, de dialogues lointains, qui renforcent encore l'impression de rêverie. Les vocalistes sont les mêmes, Wendy Stubbs, Helen White et Martin Barnard, mais leurs plaintes chantées sont cette fois portées par des instruments acoustiques, un orchestre à cordes et un chœur. Rien de pompier là-dedans, tout au contraire, mais une nouvelle approche en forme d'épure.

On pourrait rétorquer que tant de beauté fluide, sans jamais le moindre à-coup ni la plus petite dissonance, est tout simplement ennuyeuse, voir monotone. A ceux qui seraient tentés de se rallier à cette opinion, je propose un petit exercice de relaxation. Prenez un morceau de l'album, Wise, par exemple, Al Station ou Wishes. Laissez-vous glisser sur le sol. Vous êtes dans l'herbe, ou non, plutôt sur l'eau, sur une barque à la dérive, à moins que ce ne soit dans une voiture, la nuit, sous la syncope orangée des lumières d'un tunnel. Sur la rive ou dans le rétroviseur, vous voyez apparaître un souvenir, quelque chose comme un sourire disparu, puis un autre. L'image passe, s'efface, une autre prend sa place, vous tombez, au ralenti, d'un arbre dont les fleurs s'effeuillent une à une, du haut d'une tour scintillante de verre et de métal, vous…

Etes-vous bien sûrs qu' Alpha n'aurait pas inventé le " lied " urbain ?

Caroline Bodin

Réagissez à cette chronique sur le forum de Flu


édiTARD

Plumes

Mp3

Radio flu

Interviews

Blog

Sudoku

Forum

Courrier