Afronaught,
les outsiders de l'année, nous offrent une bouffée d'air groovy-house
rafraichissante. Ces fondus de la glisse hors piste ont cette
capacité de transcender un style défini pour le porter vers
des strates vertigineuses. C'est une vapeur plutôt cosy qui
se dégage de l'intégralité de l'album des Afronaught, avec des
pics de sensualité funky et des pointes dancefloor limite big-beat
à faire palir d'envie, disons, mmmh, David Holmes, lorsqu'il
veut bien appuyer sur l'accélerateur.
Ils
partagent aussi avec ce dernier une vision cinématographique
de la matière samplée ("Life on Venus"), tendance
blaxpoitation, qui ravive la flamme un peu consumée de ces films
seventies. De ces chefs d'œuvres ayant failli finir sur les
étagéres poussièreuses de l'INA, Afronaught retient ce qui faisait
toute leur splendeur intrinsèque : des moumoutes,
des histoires salaces, des pépés musclées, pour ensuite les
adjoindre au scaphandre de T2. Le condensé donne l'étonnante
impression de suivre un Bentley Rythm Ace dégagé de ses outrances,
qui aurait quitté sa caravane pour se laisser aller à un road
movie dans un Harlem converti au numérique.
Bon,
cette suite de références ne fait pas vraiment sens, je l'avoue.
Surtout disposés et accumulés de la sorte. La musique de nos
Afronaught fourmille de clins d'oeils en tous genre, laissant
le cerveau et les jambes se laisser aller à des poussées
délirantes que renforcent encore les vocaux sucrés de Melissa
Browne ou de Don Ricardo.
La
façon de faire peut déplaire aux plus intransigeants, dégoutés
par la tournure rébarbative prise par une scène ayant perdu
de sa superbe à force de réorchestrations basiques de samples
(mettons de côté Fatboy Slim). Leur déception pourrait les
faire passer à côté d'un excellent album. "Shapin' fluid"
fait tout simplement du bien.
Kwuti
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