Glen Brown & King Tubby
Termination Dub
(1973 - 1979)

Blood&Fire, 1996
(en ecoute)


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Celui par lequel tout commence

Termination Dub est sans doute le plus beau dub jamais dubbé. On le doit à deux des plus grandes figures du genre, Glen Brown et King Tubby.

Glen Brown commença sa carrière en tant que chanteur, tournant dans les hôtels de l’île et enregistrant pour Prince Buster, Derrick Harriott, Duke Reid, Leslie Kong et Coxsone Dodd. Au début des années 70, il devint producteur, éditant notamment des stars comme Gregory Isaacs, Big Youth, Johnny Clarke, Prince Jazzbo, U.Roy et I.Roy. Aujourd’hui, Glen Brown poursuit son travail de producteur à New York.

Baptisé ‘the Rythm Master’, Glen Brown a mis au point des rythmes lourds, vaporeux, qui cognent contre les murs, le plancher et le plafond, renvoyant en échos des basses entêtantes. Glen Brown travaillait souvent en association avec King Tubby, the Dub master, pour les remix de ses morceaux originaux. Il demandait à Tubby d’enregistrer cinq ou six versions instrumentales déclinées de ses créations. Il arriva que le King en produise plus de douze, extirpant du riddim initial toute sa richesse sonore. Sur une compilation comme Termination Dub, le rassemblement de thèmes musicaux récurrents dans l’œuvre du duo confère à l’ensemble la dimension d’un album concept, où l’auditeur se laisse guider dans un parcours riche de réminiscences, de renvois et de jeux sonores. Versions chantées, toastées, instrumentales : toutes les déclinaisons sont imaginées. Steve Barrow, sélecteur en chef du label Blood&Fire, a notamment sélectionné les travaux entrepris par le couple légendaire à la fin des années 70 à partir de deux superbes chansons écrites par Glen Brown, Save our Nation et Away with the bad. La première se transforme en Save our Dub tandis que la seconde devient World Dub : away with the bad. On trouve également sur l’album un remix du célèbre Death in the arena, devenu Version 78 style. Tous les morceaux furent enregistrés avec les plus grands musiciens du moment : Familyman (le bassiste des Wailers), Robbie Shakespeare, Carlton ‘Santa’ Davis à la batterie (alternant avec Carlton Barret, le frère de Familyman), Richard ‘Dirty Harry’ Hall et quelques autres pointures. L’intro de l’album constitue le moment le plus beau : Termination Dub ouvre avec des percussions au ralenti sur lesquelles une section cuivre entonne une plainte mélodique et annonciatrice de terribles fracas roots. Un peu comme si les deux maîtres du remix avaient dubbé le chant des trompettes de Jericho.

 

Glen Brown n’avait jamais assez d’argent pour presser suffisamment de copies des albums qu’il produisait, et enregistrait au Randy’s, au studio de Joe Gibbs ou celui de Duke Reid. Les quelques dizaines de vinyles de ses labels, Pantomine ou South East Music, finissaient dans les sound-systems, qui assuraient la popularité des morceaux. Ce système de diffusion minimaliste explique la quasi-disparition, pendant deux décennies, des morceaux présentés dans cette compilation. Le travail réalisé par Steve Barrow et son équipe sur ces chefs d’œuvre décuple ainsi le plaisir éprouvé à leur écoute.

 

Kzino

EN ECOUTE !
(real audio)

LiVret

1. Termination Dub
2. Save our Dub
3. Leggo the herb man Dub
4. World Dub : away with the bad
5. Wicked tumbling version
6. Dub universal
7. Wicked can’t run this Dub
8. Assack lawn n°1 Dub (version 1)
9. Assack lawn n°1 Dub (version 2)
10. Father for the living Dubwise
11. There’s Dub
12. Version 78 style
13. Lambs bread Dubwise
14. Melodica International (extended mix)

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