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Lorsquon marche sous la pluie, seul, la gorge nouée, les mains
dans les poches, le pied butant sur une vielle canette de bière, la
seule chose qui peut vous éviter de vous tirer une balle est de vous
soûler à mort ou de rentrer chez vous écouter un disque
providentiel. Sorti en 1998, Crazy
on the Week-end fait partie de ces grands albums tristes qui donne
limpression davoir bourré la déprime à coups de poings.
Enfant du hasard, le groupe Sunhouse avait réussi lexploit, en un
seul disque, de créer un son immédiatement reconnaissable, oscillant
entre un folk romantique, dépressif et délicat et un aspect plus
rock et énergique, à la fois âpre et terrien. uvre dun song
writing sincère, Crazy on the
Week-end, à des années lumière des groupes préfabriqués et
autres Tops of the Pops, ne cherchait pas à apporter une nouvelle
recette à la grande cuisine du rockn roll mais plutôt à en
exprimer son côté le plus humain en se servant des ficelles les plus
classiques. Lorsque lon écoute des titres comme Lips,
Crazy on the Week-end ou Hard
Sun, cest toute la souffrance, les déceptions et lamour
avec ses points de suspension qui trouvent une voix. Pourtant, on est
ici bien loin des plaintes fantasmées dun Morrissey. Rien nest
plus réaliste que les chansons de « Crazy
on the Week-end », à limage dune certaine Angleterre
à laquelle les visites au pub ne suffisent plus pour éponger son
chagrin.
On
espère maintenant que, comme à la fin du dernier titre de lalbum,
Animal, Gavin Clark et son
Sunhouse reformé feront un « Second Coming » à limage
du premier.
Caroline
Bodin
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