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Selmasongs Debut Post Homogenic

Björk
Selmasongs


Selma est Bjork. Et vice versa. Personnages fantasmagoriques créés de toutes pièces, soit par des médias en mal de personnalités fortes, soit par le cerveau azimuté du cinéaste danois Lars Von Triers, ils s'incarnent dans la même chair. Du coup, on ne sait comment appréhender ce LP : comme le quatrième disque de notre lutin mutin, la pochette s'inscrivant logiquement dans le concept développé par la dame depuis ses débuts en solo ? comme une collection d'états d'âme sortant des doigts malingres de Selma ? ou encore comme la preuve flagrante d'une schizophrénie latente, la comédienne ayant paraît-il eu pas mal de difficultés à se sortir de son personnage ?

En mélangeant le tout il semblerait que nous nous approchions de la vérité. L'ensemble se détache évidemment des bordures d'une certaine pop fécondée depuis plusieurs années par l'Islandaise pour correspondre aux visées cinématographiques de l'ouvrage. Mais c'est à la fois Bjork et Selma qui investissent le champ de la comédie musicale, injectant une bonne dose d'adrénaline rock à des morceaux mâtinés d'un orchestre de cordes aux relents wagnériens volontairement dramatiques qui provoquent la chair de poule par leur force évocatrice.
Album court dans la durée, à peine 35 minutes, son ambition est dense, la vieille chipie multipliant les fausses pistes comme à son habitude, jonglant aussi bien avec l'industriel, le music hall, qu'avec des arrangements électroniques aux couleurs multiples qui festoient en un vaste rubix cube symphonique où se promène même le frêle Thom Yorke de Radiohead, autre empêcheur de tourner en rond, le temps d'un duo obsédant mais révélateur : ces deux là ne pouvaient que s'accorder.

De par sa capacité de caméléon à engloutir tous les styles musicaux sans pour autant perdre ses objectifs personnels, Bjork assume de mieux en mieux son assemblage progressiste d'hystérie sonore et de clairvoyance high tech, d'une apparence très intellectualisée mais finalement assimilable par une large part de la population, jusqu'à nous laisser penser que la suite des évènements sous sa réelle identité annoncée pour 2001 prendra une direction peu prévisible. On est alors en droit de s'interroger : Tenons nous là la dernière des étoiles filantes ?

Yannick Nowak

Vers le site : www.bjork.com

 

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