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Label :
www.caipirinha.com

 

 

Datach’i

10110101= (rec + play)

[Caipirinha records]


Datach’i est un punk, un nihiliste de la musique électronique. Il sait apprivoiser le chaos et domestiquer l’instabilité des structures sismiques. Il a compris que par-delà le bien et le mal, il fallait tout faire péter. Que la source du son se trouvait aussi bien dans la physique atomique à tendance moléculaire que dans la ritournelle guillerette du Pacman de son vieil Atari. Il s’acoquine avec le désordre, sans scrupules et avec l'infinie détermination de l’apocalypse approchante. Tout doit exploser, éclater jusqu’à la rupture d’anévrisme, la fureur du bruit doit se répandre dans tous les esprits sains. L’agression ultime et dadaïste est le leitmotiv radical de cette recherche auditive sans compromis et sans compromissions.

Joseph Fraioli, ce jeune New Yorkais, materné par Caipirinha Records, label à l’esthétique plurielle, s’acharne sur ses machines pour ventiler une drill’n’bass sauvagement gabber. Le premier titre Deconstructing man annonce très vite la couleur, la saturation est là et le bleep dégouline sauvagement le long des fragments des drums telluriques. Leonard Park s’enchaîne dans le militantisme du groupe du Front de Libération Rephlex et de l’un de ses maîtres à penser, Bogdan Raczynski. Cet album sent le Tétris pas très frais et la sueur des samplers aux treillis boueux. Les cyclotrons y sont en ébullition. Les connivences avec l’ Empire sont réelles et sans appel. Et les plages ambiantes ne sont là que pour rappeler que la mélodie est l’opium des peuples.

Ca part dans tout les sens du hardcore bruyant, aux nuances jazzy débiles, aux boucles d’effets spéciaux gorgés de vociférations sonores, en passant par du breakbeat marteau-pilon, de l’échantillon de cartoon sous overdrive et des stridences psychotiques. Datach’i pousse le vice de l’IDM, Intelligent Dance Music, dans une phase radicale d’expérimentation potache et bon-enfant. Sa démarche est volontairement lo-fi, et sa philosophie est d’obtenir le maximum de brondissements de ses gadgets électriques. La frénésie, présente sur chaque recoin de l’espace vibrant, demeure la constante dans cette mise en avant de la théorie du "fais le toi même" récurrent et extrême. Sorte de thème du Mario perdu dans Space Invaders au pays du drill joyeux, cet album est l’un des reflets de la dérision de notre monde conformiste à l’industrie du disque bien formatée.

La déconstruction vaincra…

Laurent Rolli'n

>> 10110101 = (rec+play)... - 124.00 F


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