Love Symbol
The Artist
Prince

(whatever !)

Rave un2 the Joy Fantastic (Arista Records/ NPG)

Echappé des griffes de la Warner, Prince poursuit son parcours d’homme libre. Après deux monstrueux coffrets tant par la longueur que l’ambition (les fabuleux Crystal Ball, et Emancipation – disponible en K7 à 19 francs dans les Fnac de France, si, si) et qui témoignaient qu’il n’avait rien perdu de son savoir-faire, et un album inégal (New Power Soul), Prince revient à ses amours funk.

A écouter Rave Un2 The Joy Fantastic, on se rend compte que Prince n’a jamais été aimé pour ce qu’il est : un chanteur noir avec le sens du groove. Sur Purple Rain, les fans avaient pointé les passerelles jetées entre le funk, justement, et le rock FM. Sur Under the Cherry Moon, Prince se prenait pour un Sinatra black, sexy et graveleux. Sur le suprême Lovesexy, pour un jazzman habité de la Côté Ouest. Sur Sign O’ Times, pour, disons, les Beatles et les Stones réunis. Son nouvel album nous le restitue tel qu’en lui-même : un ludion funk, capable du meilleur comme du pire.

Rave un2 the Joy Fantastic, ne nous le cachons pas, n’est pas un chef d’œuvre. On lui préfèrerait presque la récente compilation de vieux titres du temps de Purple Rain sortie récemment, mais il a le mérite de remettre Prince sur de bons rails, ceux de la modestie et du plaisir de jouer. L’ego du bonhomme n’a sûrement pas diminué (cela se sent, cela s’entend dans sa manière de chanter) mais la musique de Prince a réappris l’humilité. Les délires funky paraîtront insupportables (silly game, baby knows) ou géniaux (le titre éponyme, wherever u go, whatever u do) mais ils sont authentiques. Les slows mouille-culotte (the greatest romance ever sold, the sun, the moon and the stars) apparaissent un peu moins fabriqués que par le passé. Le monde depuis longtemps clos du kid de Minneapolis – qu’on imagine embusqué dans Paisley Park avec ses créatures de rêve et ses sons gardes du cœur – s’ouvre à quelques collaborations extérieures savamment sélectionnées. Sheryl Crow (bof, bof) n’ajoute pas grand chose à Baby Knows, Maceo Parker, le saxophoniste, dynamite Prettyman, Ani Di Franco transcende I Love U but i dont trust u anymore. Très bien, Prince est vivant. Ce qui était encore à démontrer il y a quelque temps.

Deux titres viennent nous rappeler son immense potentiel et que ses penchants naturels le poussent aujourd’hui vers une musique qu’il a en partie inventée sur Lovesexy et le Black Album: le funk rap. Sur Undisputed, le deuxième titre de l’album, après l’impeccable ouverture éponyme, Chuck D nous gratifie d’une séquence incendiaire qui marque le retour de Prince à l’innovation. Gotcha back the status they thrown at us, chante-t-il. C’est clair, Prince doit se racheter un public. Sur Tangerine (la merveille du disque), Gwen Stefani de No Doubt, vient nous mettre à genoux en quelques vers d’une simplicité éclatante. Prince n’est jamais meilleur que quand il se contient. Morceau groovy, léger comme l’air, classe comme un mot français (the tangerine color of your negligée), Tangerine rappelle le divin Rasperry Beret. Some days i feel tangerine. Some days i miss u. Voilà qui est envoyé. Prince réapprend l’amour et l’art de la séduction et nous invite à en faire de même, une prochaine fois. In god we trust.

B. Myosotis

Rave un2 the
Joy Fantastic
137.00 F

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Data Bank Transcription team :
Les lyrics des songs de l'artiste :

http://www.dttlyrics.com/

Welcome to Paisley Park studios :
http://www.bitstream.net/gods/tgg/paisleypark/

Site officiel :
http://www.love4oneanother.com/

[Tous ces sites sont en anglais, of course. Vous pouvez aussi visiter le site perso d'un fan, référençant des tas de liens sympas, bien à jour sur l'actualité du sus nommé]


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