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Larbre derrière la forêt, ou le contraire
Pour beaucoup dentre nous,
Pablo Honey a été un malentendu ou du moins, une sorte de rendez-vous manqué. La raison de tout cela ?
Creep bien sur, le single imparable de la pop alternative, le morceau que tout le monde connaît par cur sans savoir vraiment doù il vient, une mine potentielle pour tous les cinéastes et
publicitaires de la terre. Des paroles torturées juste ce quil faut, le scratch immédiatement reconnaissable des guitares et lenvolée finale de Thom
Yorke. Il faut être honnête personne ne pouvait résister à ça. Malheureusement, un tel succès laisse rarement une chance à lalbum qui lui a donné le jour :
"Change ! Creep, cest quel numéro ?".
Il est aussi vrai que Pablo Honey est un album inégal, produit dun groupe encore jeune, qui se cherche, et à cause de cela tombe dans pas mal de poncifs de la
culture rock Indé. On sent que les Smith et les Pixies sont passés par-là, et quils ont du beaucoup les écouter. Fruit dune créativité encore mal canalisée, et par
conséquent tiraillé entre des possibilités multiples, Pablo Honey passe, par exemple,
dHow do you do, Ripcord ou Prove Yourself - des titres un peu bruyants, un
peu confus, et qui finalement auraient pu être composés à lépoque par beaucoup dautres groupes du même
acabit - au très bon Thinking about you et à son exaltation acoustique, doù parfois un certain sentiment de confusion.
Néanmoins, Pablo Honey impose déjà le "son" Radiohead et les qualités que le groupe na cessé de développer depuis comme le sens des ruptures et des reprises
maîtrisées. Il ny a quà écouter Vegetable ou le grinçant
Anyone can play guitar pour sen persuader. Ironie du sort, Thom Yorke chantait sur ce titre :
" I wanna be Jim Morrison ", il ne croyait pas si bien dire
Caroline Bodin
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