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Label :
warprecords.com

Site :
broadcast.uk.net

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Broadcast
Radio Mix#1

 

 

Broadcast
The Noise made by People
[Warp/ Source]


Cela faisait trois ans que l’on n’avait plus de nouvelles des Broadcast. Après leur compilation, Work and Non Work, qui regroupait l’ensemble de leurs premiers singles, ils s'étaient cordialement retranchés dans leur petite bourgade près de Birmingham. Leur très attendu dernier album, qui était un peu l’Arlésienne de Warp, arrive délicatement dans les bacs. Les quatre Broadcast sont restés trois ans enfermés dans leur studio enfumé. Ils donnèrent juste un petit signe de vie l’an dernier en réalisant un morceau pour l’album anniversaire de Warp et en participant à quelques concerts comme ce fameux " Bowlie Weekender ". Le quartet était plongé dans la confection de sa bande originale imaginaire et ne voulait pas sortir la tête des brumes insulaires.

Broadcast est un peu le gentil petit canard mélodieux de l’équipée Warp, rien ne les rapproche d’un Aphex Twin, Autechre ou encore d’un Boards of Canada. C’est une sorte de douce torpeur à la pop onirique dans cette vague d’électronisation intelligente. Un groupe, un vrai, avec de vrais instruments, dans cette frange de producteurs solo ou duo. Des musiciens qui jouent avec des instruments du passé, des bons vieux fûts avec des peaux et des guitares avec des cordes. Des gens bien raisonnables qui forgent leur mélodie sur de vieux synthétiseurs à l’âme profondément analogique, sans avoir recours à des logiciels techno-binaires.

The Noise Made By People fait partie de ces œuvres intemporelles, une sorte d’album retro-futuriste à la pop cinématique et aux sphères enjolivement glauques. Un étrange bien-être aux contours malsains se dégage de l’agencement tout british des arrangements léthargiques. Cette fausse joie contemplative d’expérimentations ludiques est orchestrée par la douce voix cotonneuse de la très " Chelsea Girl " Trish Keenan. Les mélodies, semblables à des photos jaunies garnissant les tiroirs des meubles, évoquent les Morricone, Hermann, Barry et autres qui semblent diriger, ici, de vieux claviers des pères de la synthèse. Les expérimentations psychédéliques font références aux plus inventives heures des Stereolab, et l’époque yéyé est sournoisement effleurée dans la naïveté des soupirs. Françoise Hardy ne serait-elle pas une influence sous-jacente ?

Broadcast démontre au travers de cet album qu’il est encore possible de faire de la pop, dans sa dénomination la plus noble, sans paraître franchement ringard ou totalement largué. Qu’il est possible de sonner 60’s en allant de l’avant sans rester dans des souvenirs conformistes et anachroniques. En un mot c’est beau comme la B.O. de Casino Royal dans l’espace, jouée par des Cardigans dépressifs sous Prozac. Et puis comme l’a dit Burt Bacharach, pourquoi faire superficiel quand on peut faire " lounge " ?

Laurent Rollin

>> The noise made by People - 126.00 F


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