Mouse on Mars
Niun Niggung
Virgin


Mouse on mars aura donc mis quatre albums pour parfaire une musique ensoleillée, enrobant majestueusement quelques digressions expérimentales innovantes d’un tournoiement baroque de sonorités synthétiques et organiques. "Niun niggung" surpasse donc aisément les précédentes productions grâce à l’intelligence de ses arrangements classieux, ce qui relève de la surprise lorsque l’on se souvient du maxi annonciateur "Distrioa". En privilégiant la technicité rythmique, leur sorte de drum’n’bass barrée, osons même dire aphexienne, semblait effectivement crouler sous sa propre prétention le temps d’un single, amas architectonique branlant à peine troublé par une micro mélodie accrocheuse, seule trace révélatrice du réel potentiel de nos deux trublions allemands que confirme heureusement ce nouveau recueil. Très cultivés, ils convient les dernières trouvailles en matières d’électronica ou post-rock de pointe à une revigorante orgie. On s’amusera à reconnaître les clins d’œil à Jim O’Rourke sur "Mompou", Daft Punk sur "Gogonal", Oval sur un "Distrioa" revu et corrigé, pour ne citer que les plus apparents. Mais, bien loin d’une simple transposition, toutes ces séquelles s’adaptent à un canevas résolument pop que n’auraient pas reniés les Beatles au temps de leur mythique "Sergent Peppers".

Il faudra cependant beaucoup de patience aux curieux non avertis pour pénétrer au sein de ce monde enfantin luxuriant qui au premier abord laisserait tout de même penser que le krautrock intelligent sert d’alibi à une espèce de régression malsaine. Pourtant, l’intérêt est justement là, dans cette capacité à faire renaître l’émerveillement de nos premières années perdues, en témoignent la beauté matinale de "Download Sofist", l’excitation primesautière de "Pinwheel Herman", l’humour pipi caca de "Super Sonig Fadeout" ou "Diskdusk". Nous sommes bien loin de la froideur arithmétique, conceptuelle de leur aîné Kraftwerk ou contemporain Tarwater à qui l’on ne peut s’empêcher de les comparer. Or subsiste ici le goût prononcé de la composition parfaite de ces derniers, un grain de folie et l’énergie en plus. Pouvait on imaginer meilleur alliage ?

Nowak Yannick


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