Qui aujourdhui ne fait pas du
hopcore, même le Tommy Lee, le plus exhibitionniste des batteurs de Glam rock
dégoulinant, mélange la tchatche à lagressivité des Marshall. Les formations de
Los Angeles ont très vite compris que les ados du pays de lentertainment
recherchaient des musiques hybrides, mélangeant des boucles hip hop à des gimmicks
métal et des slams électro-revendicatifs.
Crazy town, sextet de South
Central, a bien assimilé la formule et nous balance son premier opus en criant à qui
veut lattendre quils ne sont pas de ces opportunistes de la cité des Anges.
Epic, Bret Mazur, ancien producteur émérite dans le milieu du rap et adepte des vacances
administratives au frais de lEtat de Californie, eut lidée, un jour, du fond
de sa cellule de désintox, de faire sa propre musique avec ses gémissements
personnels. Moins de huit mois ont suffi à notre homme pour trouver des compagnons de jeu
et un label. Josh Abraham ( Orgy, Coal Chamber), forgeur du nouveau son plombé des freaks
de plage, a été convié à laffaire pour enregistrer le flow de ces B-Boys de la
ville de toutes les folies.
Doit-on douter de la
sincérité de ces City People aux baggies bien propres, aux fréquentations avantageuses
(Korn, KRS-One), aux samples dévastateurs (Pretty little Ditty des Red hot chili
Peppers) et aux scratches bien placés ? Doit-on évoquer la pléthore de groupes dont ce The
gift of the game se fait le calque ? Doit-on parler de la collaboration de Jay Gordon
dOrgy et des KRS-One, sur certains morceaux. Et de cette hypothétique heavy
rotation MTViesque dont le disque fera certainement lobjet. Des influences du
groupe, trop polies pour être honnêtes. Doit-on taxer ces jeunes gens
dopportunisme, les accuser de récupération, dappliquer le copier-coller avec
un savoir-faire hors pair ? Et dafficher des paroles trop explicites pour être
louables ? Non, les questions ne sont pas là. Où sont-elles alors ? Nulle part. Si
vous cherchez une compilation de rock fusion 90s saupoudrée de quelques modernités
liées à lanalogie du futur approchant et que vous avez quelques dizaines de francs
à placer dans une rediffusion didées maintes fois exploitées, alors vous ne
douterez pas un instant des joies auditives des attractions urbaines de ces adeptes des
YMCA piercings/tattoos.
Qui a dit quil était
vilain de copier
.
Laurent
Rollin |