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Enième nouveau groupe britton à sensation dont la moyenne d'âge collerait à n'importe quel lycéen un début de dépression, les Colplay ont, comme d'habitude, et dès le départ, alimenté le jeu des comparaisons. Il faut dire qu'en quelques singles (Shiver, Yellow) et un album, Parachutes, sorti en juillet dernier en France, le groupe a immédiatement prouvé qu'il était capable de déjouer les pièges de l'étiquetage "brit-pop" et s'est aussitôt propulsé en tête des charts des deux côtés de la manche. Alors, inévitables, et même encouragées comme méthode de promotion, les références se sont une fois de plus bousculées au portillon, "Coldplay
ils ne sont pas que les nouveaux Radiohead
etc, etc
". Dans un monde de clones, il devient difficile de s'y retrouver et d'une certaine façon pourtant, Coldplay ne mérite pas ça. D'ailleurs, si des analogies devaient venir à l'esprit, ce serait plutôt celles à faire avec le défunt The Verve et le style de composition de Richard Ashcroft, en plus incisif néanmoins, sans habillage "pop" superflu.
Elément remarquable dès la première écoute de Parachutes, Colplay possède un véritable sens de la mélodie, une mélodie parsemée d'étincelles tranquilles, Sparks, qui fait du spleen un plaisir plutôt qu'un déchirement.
Bien sûr, l'album n'est pas d'une originalité à toute épreuve, et plutôt que des emprunts clairement visibles, il y a là comme une synthèse diffuse de tout ce que la pop anglo-saxonne a produit de meilleur ces dix dernières années. Oui, c'est vrai, Shiver possède la grâce énervée et interrogative de certains titres de Jeff Buckley, Don't panic pourrait être une ballade rêvée par un Deus apaisé et High Speed évoquera immanquablement certain titres de The Bends de Radiohead.
Parachutes est donc un album paradoxal. Il fait à la fois preuve d'un songwriting habile tout en manquant parfois d'une véritable identité. L'album se balance doucement, ondulant presque, entièrement construit sur de douces complaintes arpégées de guitares sèches et d'accords de piano limpides mais au bout du compte, malgré ses limites, Parachutes reste un disque profondément attachant. Spies, morceau entêtant et cyclothymique auquel Chris Martin prête sa voix rêveuse, et surtout Everything's not lost avec sa superbe reprise finale en forme de valse, prouvent même que Coldplay pourrait, dans un futur proche, devenir le grand groupe qu'il rêve encore d'être.
Caroline Bodin
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