The Cure

Bloodflowers

Fiction records. Polydor


Après quatre ans de silence, soit la plus longue absence du groupe, et l’échec du bien médiocre Wild Mood Swings, la petite bande de Robert Smith revient. De la formation des débuts il ne reste depuis longtemps que le quadragénaire échevelé et le bassiste Simon Gallup, arrivé en 1980 pour Seventeen Seconds. Pour son douzième album studio, Cure ne fait pas dans le révolutionnaire ou le surprenant, et c’est peut-être mieux ainsi. Bloodflowers reprend donc la vieille recette qui a fait le succès du groupe tout au long des 80’s, car, sans avoir la puissance d’un Pornography ou d’un Faith, cet album sonne immédiatement et indubitablement Cure. Morceaux longs (neuf au total), tous teintés d’une mélancolie certaine parfois violentée de quelques guitares timidement agressives, textes sortis de malaises aux relents d’adolescence… On y retrouve des similitudes évidentes avec certaines compositions âgées d’une décennie déjà : Pictures of You, Plainsong ou Homesick de l’album Disintegration reviendront en mémoire, de même que certaines chansons de Wish ou même de Kiss me, Kiss me, Kiss me

Ainsi dès les premières mesures, le fan vieillissant de Cure se trouvera en terrain connu. Il préférera probablement Watching me Fall et 39, les deux morceaux qui se rapprochent ici du meilleur de Robert Smith, aux trop mièvres Maybe Someday et There is no If. Rien de bien nouveau donc sous le soleil du groupe de Crawley et ce disque aura bien du mal à se hisser en haut des charts comme à la grande époque ou à sortir le groupe du rayon des bons souvenirs. Bloodflowers n’est pas du Cure grand cru mais c’est bel et bien du Cure, un Cure moyen, classique, avec un je ne sais quoi de vieillissant… Peut-être est-ce moi ? Peut-être est-ce Robert Smith qui déclare une nouvelle fois que cette fois-ci c’est vraiment la dernière et que Bloodflowers est bien le dernier album de Cure. Comme l’individu a tendance à nous refaire le coup après chaque disque, méfions-nous tout de même et gardons-nous de trouver dans ses paroles des signes annonciateurs d’une retraite prochaine. Même quand il chante " une dernière fois avant la fin " ou " il n’y a plus rien à brûler "…

Au bout du compte ce disque ne réveillera pas le " corbeau " qui est en nous et nous ne crêperons pas nos cheveux pour aller voir The Cure au Zénith en avril prochain. Nous irons pourtant revoir, une dernière fois peut-être, le groupe, mais cette fois sans fièvre et avec nostalgie, en espérant entendre quelques reprises issues de Pornography comme lors du récent passage du groupe à la Défense. Pour cet album, Robert Smith a déclaré qu’il avait éprouvé de grandes difficultés à se remettre à l’écriture. Et si c’était cela qui manquait pour faire de ce Bloodflowers un des grands albums du groupe ? La créativité et le mordant… Robert Smith a donc vieilli, nous aussi et la conjonction des deux événements fait que cet album n’est pas indispensable. Pas superflu et inutile non plus. Et puis, s’il s’avère que ce disque est vraiment l’ultime de Cure, il valait peut-être mieux en terminer ainsi que par Wild Mood Swings, qui, décidément, était ce que Cure a fait de pire. Bloodflowers a au moins le mérite de nous réconcilier avec le groupe à défaut de nous enthousiasmer… Pouvions-nous en attendre plus après plus de vingt ans de carrière ?

Ph.D.

>>Bloodflowers<<
134.00 F


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Photos du groupe et
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(qui marche pas terrible)

thecure.com/