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Jude
No one is
really beautiful
(Maverick) |
L'album de Jude n'est plus tout à fait une nouveauté mais il est déjà un
classique. En moins d'un an, depuis sa sortie, Michael Jude Christodal a eu le temps de se
faire un prénom et de s'imposer sur la scène musicale hexagonale et surtout parisienne.
Parallèlement à d'autres auteurs compositeurs interprètes tels que Rufus Wainwright,
Elliot Smith ou Ben Lee, Jude impose un univers musical intimiste, mélancolique et
sensuel dont l'ironie n'est jamais absente. La simplicité complexe des lignes mélodiques
peut faire penser à certaines compositions des Beatles mais ici, on est bien loin des
brumes de Liverpool car c'est plutôt à un carrefour d'une rue de Los Angeles que Jude,
baladin nonchalant se balade, et arpège ses ballades. Il s'est nourri de cette ville et
peuple ses compositions des ombres croisées en chemins. Fantômes accoudés aux bars
enfumés, starlettes ratées et amours perdus peuplent son panthéon. Malgré les
variations de style, son album reste d'une rare homogénéité, il se coule littéralement
dans nos oreilles pour ne plus les quitter. La musique de Jude n'apporte pas une nouvelle
recette musicale, elle transcende plutôt ses propres influences. Acoustique avant tout,
elle s'appuie aussi bien sur la guitare, sèche ou électrique, que sur des arrangements
de cordes (I do, The Asshole song, I know) pour rebondir sur
une dynamique rythmique presque funk (Rick James, Brad and Suzy). Que ce
soit sur des tempos plus enjoués (I'm sorry now, Out of L.A) ou
soutenue par des accords de piano (Battered broken), la voix répond aux
instruments dans une parfaite complémentarité. Tour à tour agile jusqu'à la prouesse (You
mama you) ou fragile jusqu'à la rupture, elle flirte avec les notes les plus aiguës
(Prophet, She gets the feeling) se dédoublant, ondulant, virevoltant et
reprenant son souffle à la dernière minute.
Chroniqueur ironique et décalé ou tout simplement amoureux transi, Jude ne se dépare
jamais d'une certaine ambiguïté qui rend ses compositions fascinantes.Caroline B. |
| [interview] |
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