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Oups ! Si vous en avez marre qu'on vous
bassine avec les Beigbeder, les Jean-Pierre Foucaud, les Grosses
Têtes, les NTM, les Angot, les Nicolas Rey, les moteurs diesel,
les Dustan, les organizers, les Despentes, les Loft Story, les
Pasqua, les Dumas, les TF1, les Bruce Willis, les Jean-Claude
Van Damme, les Nasdaq, les CAC 40, les Sollers, les PPDA, les
ABC, les TPI, les glaces à la framboise, les Windows 98, les
jardins français, les visites obligatoires au Musée d'Art Moderne,
les matches de football, les Harry Potter, les Roland Garros,
les tantôt Tour de France, les Dutourd, les Mitterrand, les
Chirac, les merdes de pigeons sur le bitume parisien, les Matzneff,
les Craig David, les Gisbert, les juges Courroye, Eva Joly,
et toutes les conneries que je m'arrête d'allusionner à cause
que le seigneur de La Palice il va croire dans son marbre que
je me fous de sa gueule à force que je l'imite, courez tout
de suite chez le pharmacien du coin pour acheter le roman qui
s'appelle Maison des autres, de Silvio D'Arzo
(pas confondre of course avec le Berluscon qu'on vient de le
nominer dans l'Italie du pape) : ça vient de sortir chez Verdier
éditeur dans une nouvelle édition mais je sais pas le prix vu
qu'on m'en a fait cadeau.
Bon,
vous vous dites, les mecs, que je vous entends, que c'est pas
si sûr que vous aurez pour ça les fibres neuronales lavées de
toutes les conneries que je vous parlais plus haut. Eh ben d'abord,
faut vous dire que celui-là c'est pas rien qu'un bouquin de
plus. C'est le top du must que si j'avais assez de thunes sur
mes comptes suisses j'ouvrirais l'annuaire pour l'envoyer par
la poste à tous les mecs de dedans, histoire qu'ils sachent
tous que le paradis c'est pas forcément loin d'ici et qu'en
plus ce bouquin c'est de la littérature la meilleure et qu'il
faut donc le lire d'urgence, et le relire encore, parce que
quand on a lu Maison des autres la première chose
qu'on a envie de faire c'est que de le relire, parole. Et c'est
pas à cause qu'on y a compris que dalle : en fait c'est tout
con, ce bouquin, écrit comme tous les jours on parle à cette
heure, ou presque, enfin je veux dire avec un registre de phonèmes
qui en compte guère plus de 80, j'exagère pas, et avec un scénar
pas moins minimal, et pourtant ça suffit à rêver au temps où
le génie, dame, c'était plus qu'une marque de lessive.
Je
sais pas si ils en ont parlé des masses dans les news, de Maison
des autres, mais ça m'étonnerait vu que l'auteur, qui
est clamsé depuis 1952, il peut plus avoir beaucoup d'indics
dans les réseaux d'influence. Toujours est-il qu'on s'en fout
un max, de toute façon : c'est bien connu, les grandes amours
sont clandestines comme qui dirait. Surtout dans l'Apennin émilien,
pour situer. Parfaitement.
Un
scénar minimal, d'abord. Que je vous raconte : il est question
d'une vioque qui se fend la hure à chercher les mots d'une question
sur laquelle elle voudrait bien des fois l'avis d'un curé !
Voilà. C'est toute l'histoire du roman que je vous parle, que
je pourrais même m'arrêter là, si je voulais. Remarquez : je
vous dirai pas quelle clé elle veut demander, en réalité, cette
ancêtre qui lave ses hardes dans une rivière en contrebas du
chemin où passe tous les jours le ministre du culte. A vous
de lire, hein ? Vous verrez bien. C'est le suspens, ça. Moi,
je me contente de rabâcher que c'est génial et c'est pas si
mal non plus, après tout.
Peut-être
pas beaucoup de mots, que je disais aussi, mais surtout ceux
qu'il faut : tout nus, madame, et taillés dans la pierre sèche
des montagnes, une vraie poésie que ça fait rien que de faire
rêver le lecteur à tout un tas de secrets sur la vie, sur l'amour,
sur le temps, sur le Ciel. Bref, je parie que vous avez compris
qu'on est dans l'essentiel et pas ailleurs, ici. Dans le beau,
en somme, dans le grand mystère mélancolique de la vie et dans
la vie tout court. Au fait, c'est le curé qui raconte, mais
attention : rien à voir avec les sermons ampoulés de celui de
Bernanos. C'est comme sa petite confidence à lui, son aventure
de curé de village dans le fin fond de la botte, là où les paysages
désertiques, avec les moutons et tout, disent justement les
mots qu'on trouve pas forcément pour sonder l'indicible. Faut
donc conclure qu'ils reflètent sous le soleil, comme je dis,
une certaine idée de la solitude mais une solitude, là, que
Silvio D'Arzo transforme pour nous en vrai bonheur. Impossible,
décidément, de se priver de ça. Et de pas y revenir.
A
plus.
Tito
Bast
(PS
: Vous trouverez aussi Maison des autres en poche
dans la collection Rivages poche/Bibliothèque étrangère pour
quelque chose comme 30 balles ou à peine plus).
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