livres

librairies
bibliotheques

 

 

 

 

 

 

 

éTito
Tous pourris
10.05.01


Moi je dis qu'on en a marre. Tous des nains que si on le dit pas c'est pareil, une marmitée de cuistres, d'épilés, de lustrés, avec leurs minauderies de dévots, des voyous en plus que ça en a pas l'air avec leurs costards-trois-pièces, leurs cravates en camaïeu et leurs pompes vachement cuir pour pas salir la moquette à leurs safranes que c'est nous qu'on paye en plus comme c'est qu'on dit. Mais matez-les donc, vous autres, et je parle pas que des brocs d'eau ni seulement des têtes de veaux, encore. Je parle des mecs à la politique de gauche, de droite, de gauche de droite et de droite de gauche, sans compter les centres de gauche, centres de droite, extrêmes-gauches ou autres, sans compter tous les tutti quanti que je vous dis rien vu qu'ils ont rien à ajouter de mieux ou que c'est pis dans le registre de la scélératesse. Matez-les donc, les mecs ! Branchez vos écouteurs ! Non mais, écoutez-les, des fois que vous auriez le coeur !

Qu'est-ce qu'ils ont à vous vendre, comme c'est que tout le monde cause à leur suite et à cette heure ? Ohé ! Ohé ! C'est ça la France devenue ? Ca, l'héritière des tribuns de la révolution, la représentativité républicaine de nous autres les lambdas qu'on doit voter pour eux à cause que c'est notre devoir civique gagné sur des siècles et des siècles de servage ? C'est pour ces cons-là qu'ils ont bossés, nos ancêtres d'avant, nos bonnets phrygiens, poilus, déportés, résistants, écrivains idéalistes ou pas, poètes à semelles de vent, musiciens romantiques, minimalistes, sérialistes, peintres à dada ou à cube et j'en passe, tous ces déserteurs et objecteurs de conscience qu'ils disaient non, non et re-non à la vulgate des princes et autres félons toutes catégories ?

Gueulez non ! une fois, ce jourd'hui, essayez voir, les potes, à la grand-messe ultra-libérale de vos énarques contemporains. Pas de debout, là-dedans ! Plus d'ohé ! ohé ! Jamais plus. Forbidden, qu'on vous prendrait pour des barjes dentellisés, des relaps à la Cassandre, ou qu'on vous écouterait point vu qu'on dirait que vous êtes pas des réalistes mais des utopistes voire des réacs plombés au Sidi-Brahim, que le marché c'est le marché et que ça c'est vachement sacré, le marché, que c'est le marché qui décide, sérieux, le marché, quoi, tous corps d'activité confondus, qu'y a plus à penser, à s'ébaubir, à résister, à aimer ou à pas aimer mais à gagner, comme je dis. C'est ça qu'il veut, le marché : gagner, les mecs, hein ? A croire que nos nains désormais à la botte des empires financiers et les empires financiers eux-mêmes ont fini par asservir et dissoudre tout le monde en limaille de menuisier.

Question, au cas où : est-ce que vous imaginez, vous autres, les chiracs ou autres jospins aller tailler une bavette par exemple avec Modiano au rade du coin, histoire de fourgonner avec lui sur ce qu'il faudrait faire à la place de leurs bulles de propane vu que la sacrosainte conjoncture a lessivé leurs crânes d'usuriers bêlants comme celui du premier manager mondialiste venu qu'on parle en bourse ? Moi je réponds que Modiano bafouillerait que plutôt qu'à dire sinon à ourdire leurs conneries ils pourraient peut-être d'abord essayer de comprendre que le marché nous autres on s'en fout un max, Dieu nous garde, et que lui aussi, que c'est une litote encore. C'est qu'il y a pas que ça qui intéresse Modiano, c'est un exemple, je dis, ni nous autres, dame, et qu'on aurait peut-être bien besoin aussi et par ailleurs qu'on nous rassure tous pour la survie de notre plexus solaire, que c'est pas forcément rien que les thunes qui font qu'on se fait pas chier dans la vie, qu'on est aussi des mecs avec des nerfs à émotions, des idées abstraites, farceuses et tout ça, avec des rêves qu'on veut pas forcément qu'ils soient de droite ou de gauche, ça me ferait bien chier, moi, bref qu'on veut qu'on nous fasse aussi rêver et à autre chose encore qu'à de l'émollient qu'on paye, même avec de l'euro tout neuf, que les rejetons aux beaufs voudraient peut-être aussi être libres de se lancer dans des aventures rien qu'à eux, dans du parallèle, dans de l'adventice, dans du gracieux. C'est ça, la vie, avoir le droit de dire merde et de danser la salsa avec Bételgeuse, des fois ! De croire enfin qu'on est pas encore devenus complètement béni-oui-oui et que le bonheur reste une fête vivable, non ?

A plus.

Tito Bast

Lire la seconde partie des Mémoires d'un truand de Tito Bast (Plumes)
Tous les éditos de Tito Bast

Réagissez à cet édito sur le forum de Fluctuat.

édiTARD

Plumes

Mp3

Interviews

Forums