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C'était pas que l'abondance de mon courriel m'eût
invité à revenir de si tôt, je voudrais
bien avoir pas l'air de me la péter, s'il vous plaît,
mais quelques voix affidées - j'y croyais pas trop mais
ça existe, je vous jure - m'exhortaient à refluctuer
des fois ailleurs, ici, à Paris, par exemple, plutôt
que parmi mes mille îles, et revoir les potes, tailler
bavette sur dernières parleries, livrerie germanopratine,
stratégies, fratries, comparutions au Tribunal des Offusqués,
Monde, Parti Socialiste Français, j'en passe, alors toujours
est-il que oui pourquoi pas, hein ?, me suis-je illico dit,
qu'il s'ensuit que par suite j'ai atterri terminal 4 depuis
l'autre messe du dimanche où que le gros borgne s'était
fait enculer par Valstar.
Et
pour apprendre quoi, dites, vous autres ? Que ça serait
pas une révolte, comme ça, Sire, mais bien une
révolution, à
Fluctuat.net. Qu'il va falloir les allonger à partir
de pas longtemps. Bonne nouvelle livrée à mon
retour par ma grand-mère Salomé qu'habite dans
le XIIIème, comme je vous l'avais dit. Quand même,
il faut dire que le péage, ça existait déjà
et pas seulement sur les autoroutes, sur le Web idem. Ben quoi
! Pas de honte là-dedans. Regardez Le Point : accès
aux articles moyennant obole. Libé s'est jeté
à son tour dans la salsa pour la pêche aux archives.
Et le canard de la rue Falguière encore, avec son Desk,
ses portfolios, ses dossiers thématiques, etc.
Moi
je dis que c'est plutôt normal. Que j'ai même pensé
sur le coup à un truc vachement cool : les chroniqueurs
de Fluctuat, comme moi, ils vont peut-être enfin pouvoir
encaisser de la thune comme les autres. Rien de plus mérité
: c'est qu'on bosse, aussi, mine de rien, nous autres. Légitimation
enfin des mérites de chacun, pourquoi pas ? Déprécarisation
des intellos numériques. Si vous voulez lire Tito, faut
casquer, les artistes ! Rien moins que de la censure. Au contraire
: condition pour émoluments dus à auteur auguste
! Or aïe ! Que non. Hors sujet, mec. Tu y es pas. Un peu
de hauteur, que diable : écrire, ça fait longtemps
que c'est plus un turf ! Est-ce que ça l'a d'ailleurs
été ? Regardez-le ! Il se la jouait, lui.
Non, mais
Arrêtez-le donc ! Quelle impudence ! Quelle
immodestie ! Ouais, bon, surtout de l'étonnement, remarquez.
Moi qui croyais que Fluctuat.net avait pas d'autre projet que
de réhabiliter les écrivaillons de mon genre
Mais bah ! c'est vrai que je me suis ressaisi, aussi, question
de gloriole perso, pudeur, désintéressement, réalisme
surtout. Enfin, je crois. Il faudrait pas non plus trop demander
au Ciel. Tu écris librement, de quoi est-ce que tu te
plains, derechef ? Le problème est ailleurs, quoi :
est-ce que c'est que tu aurais rien compris, non plus, Tito ?
Ecoute donc au lieu de te la péter en loucedé
: paraît-il qu'il s'agirait ici de faire preuve de soutien,
de générosité, comme on fait avec l'Eglise
catholique et ses trésoriers bénévoles,
tu sais bien, au son des clarines après la communion.
Rien de plus qu'un acte d'amour. On aime tout le monde, ici,
il faut seulement la réciproque, rien de plus. Comme
ça. Pour voir venir, comme dit le héros des Boulevards
de ceinture de Modiano.
En
tout cas, voilà-t-il pas que le bruit né avec
la Toile, sans oublier Tf1, se trouve officiellement confirmé
par Fluctuat.net à son corps défendant : écrire
ça peut vraiment pas y être pris pour un flonflon
porteur de lendemains dansants. A peine un pet de lapin sur
une table sans toile cirée disposée près
d'un radiateur à gaz. Mais vous le noterez, qui a jamais
dit le contraire, aussi, au fil de forums livresques tantôt
dédiés aux seules errances post-modernes de la
belle Chloé ? Ça serait tout de même fort
de café d'en rejeter la faute sur le seul flux si on
en est arrivés là. Trop fastoche.
Bref.
Toujours est-il que ceci : consultation des articles restant
à discrétion, évidemment, messieurs-dames,
soyez rassurés. Mais MP3 bientôt payants et autres
trucs plus ou moins du même tonneau, comme l'Enfer, si
j'ai bien pigé. Et que la fête commence ! Comme
si vous y étiez. Dites merci, hein ? C'est pour faire
prospérer votre mag préféré, on
vous l'a répété. A cause que la musique
ou au moins ses succédanés et autres erzatz, marketés
U.S. ou Great-Britain, voilà qu'est-ce qui rapporte au
jour d'aujourd'hui. Quant aux défoncés à
la livrerie, comme moi, si vous le voulez savoir, aucune raison
de la ramener vu qu'eux autres ils seront pas obligés
de toute façon d'émarger à la caisse si
ils veulent changer de défonce en troquant la paperasse
contre le décibel communautariste. Alors, de quoi est-ce
qu'ils se plaindraient, eux autres les intellos précaires
?
La
littérature, comme qui dirait, ça représente
encore au moins 15 euros annuels, après tout, puisque
déboursés par les chroniqueurs lecturomanes et
autres fieffés manducateurs ils leur seront comme ça
remboursés aussitôt en nature. 15 euros annuels
tout compris, c'est déjà pas si mal, comme je
dis, quand c'est au nom du sentiment sinon de la pluie de cadeaux
qu'on s'apprête à recevoir en sus. Là où
ça peut défriser d'aucuns parmi mes potes, par
contre, c'est de devoir se dire in petto et à part eux,
par la même occasion, qu'ils sont si peu lus que ça
vaut même pas le coup de miser sur un quelconque bénef
avec leur hure de flaque d'eau ou à défaut avec
leurs proses qu'elles soient bonnes ou mauvaises, d'ailleurs.
En quoi ils auraient tort de s'en bouffer les noix à
cause que s'ils voulaient bien s'en donner à peine la
peine, ô les foutus éteignoirs !, ils feraient
comme les autres ni plus ni moins : ils reliraient les Anciens,
ou encore ils iraient voir ailleurs si ils y sont, eux aussi.
Moi
j'oublie pas par exemple que des mecs même comme Esope
ils écrivaient rien que pour eux seuls. Sans attendre
rien d'autre que la considération des rois et des empereurs.
Esope ! Juste retour de l'Histoire. Qu'oui ! Tout juste, les
vedettes. Le grand Grec. Fabuliste de formation, saviez-vous
pas ? Et même est-ce que vous saviez qu'est-ce qu'il a
dit comme ça, lui, l'Esope ? "Prends garde à
ne pas te perdre toi-même en étreignant des ombres".
Un soir d'ambroisie, peut-être, mais malgré tout.
Sans compter qu'est-ce qu'a dit Lucrère. Du même
tabac, je vous jure. Et Epictète.
Il
y a peut-être plus de rois et d'empereurs pour servir
le bouillon, à cette heure, mais il y a vous, les internautes
chéris. Je trouve ça bien, moi. C'est tout bon,
comme dit ma grand-mère. D'autant plus qu'à la
longue tout ça finira peut-être par mettre du beurre
dans nos épinards, à nous autres, qui sait ?
A
plus.
Tito
Bast
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