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éTito
L'heure de la dézingue
(mauvaises résolutions 2002)
18.01.02


On m'a dit comme ça, au fait, qu'une huile certaine, elle, elle aimait bien la férocité, mais à condition que ça la concerne pas. Paraîtrait-il qu'il serait comme ça, le Monsieur que je pense : délicat pour lui mais pas pour les autres. Pas si con, surtout. Du moins c'est qu'est-ce qu'on m'a dit, et c'est vrai que j'ai pour manie de croire tout ça qu'est-ce que me disent mes potes : d'ailleurs, ma grand-mère, elle-même, elle pense qu'il y a jamais de fumée sans feu. Je sais pas ce qu'elle en penserait, de cette huile-là, si elle en pensait quelque chose. De toute façon rien est moins possible vu qu'elle habite dans le XIIIème et que le mec il bosse à l'autre bout, que ça fait un bout, du XIIIème à l'autre bout. Ses pauvres cannes phlébitiques, des fois !, elle m'a protesté, quand je lui eus dit comme ça qu'elle pourrait peut-être aller se renseigner à ma place auprès d'une certaine suite de cuistres, comme ça, en loucedé, pour savoir si c'était vrai qu'il aimait bien la férocité mais à condition que ça le concerne pas. Comme ça j'aurais eu le cœur plus sécure que celui d'un greffier, et que je risquerais pas qu'on m'accuse avec légitimité que j'ai transgressé encore un coup, de dire tout ça qu'est-ce que je dis.

De toute façon, j'ai décidé de le pas provoquer, le chef, étant donné qu'à ce qu'on m'a ajouté il paraîtrait des fois qu'il serait cap d'en découdre réellement, vérité vraie ou pipeau d'alpage, disons question de dignité, de nous les lâcher au cul, des hordes de flics, et pittbulls et tout ça, que même il paraîtrait que ça le démangerait des masses depuis que l'autre fois j'ai parlé dans un éTito d'un quelconque parfum je sais plus trop lequel : que son caviar, quand il le lampe, il aurait perdu sur ses papilles pourtant aguerries jusqu'à sa saveur garantie d'origine grand Nord, etc. Vous voyez le truc, vous autres, avec vos Vache qui rit. Et vous savez pas tout : avec ça Monsieur paraîtrait-il qu'il respecte en plus la liberté d'expression d'autrui, mais qu'attention, et c'est qu'est-ce qu'on m'a dit encore, il la respecte plus du tout, la liberté expressive, qu'il la honnit même quand c'est qu'on prétend s'en servir pour rapporter, de lui, ce que tout le monde sur la place déjà il le sait toutefois, c'est-à-dire tout ça que moi j'ai appris forcément et que j'ai donc reproduit texto illico à l'attention des terroirs histoire qu'on s'y poile un peu à l'heure de l'apéro, quoi, savoir qu'il se pomponne chaque matin à l'essence je sais plus trop laquelle. Parce qu'aussi mes potes du VIème ils seraient des menteurs, peut-être ? Non mais, attendez, là ! Je dis halte à la diffamation, moi. Mes potes, quand même ! Qu'il faudrait peut-être voir à voir. Il est peut-être pas plus con qu'une procédure, lui, j'ai jamais dit ça d'ailleurs même si je le pense en catimini. Mais moi non plus, aussi : ma grand-mère elle me le dit assez souvent, que même ma vanité pour un peu elle en souffrirait, elle s'appelle Salomé, fleur d'exil et de prière. Bon bref, la liberté d'expression selon lui, je parle de l'huile, du chef, de Monsieur, quoi, il ou elle, ou même les deux, aurait dû m'interdire de reprendre ici ce que mes potes ils étaient venus me raconter ! Je vous laisse juges par vous-mêmes. Moi, de toute façon, j'ai promis de laisser tomber sur le sujet d'autant plus que je m'en bats les noix, de ce type-là, et même tout autant, si vous le voulez bien, que d'un monôme de délinquants aussi merdiques que celui que forment les bergers (de chez Grasset) ou encore les nourissiers (de chez Gallimard depuis qu'enfin celui que je pense a décidé de se mater grandeur nature dans sa psyché d'Auteuil comme c'est qu'il s'y reconnaît, c'est-à-dire comme une bille absolue, notez bien que c'est lui qui le dit, pour une fois, et comme orpheline d'elle-même, je veux pas non plus que les hospices me cherchent des crosses, moi). Toujours est-il qu'à cause de ses cannes, ma grand-mère a pas pu aller me renseigner sur le mec de l'autre bout. Tant pis pour moi. Au fait, comment c'est qu'il s'appelle, ce mec ? Pour rien vous cacher, à vous autres, je dirai M. Personne, là.

Mais quand même, c'est pas de ma faute, je peux pas m'empêcher de penser qu'ils sont pas gonflés, tous ces mecs-là, d'avoir plus qu'un seul mot à la bouche : procès !, si vous fermez pas vos gueules. Comme au temps de Flaubert et de ses propres potes, vous savez ? Qu'ils s'épient même maintenant les uns les autres, les Néron, à soupçonner ce qu'on veut parler quand c'est qu'on parle d'eux, des fois, chez Lipp, ou ailleurs, à la télé, par exemple, chez Beigbeder en fin de semaine sur Paris-Première. Même Angot, qu'elle est allée jusqu'à porter plainte contre Donner parce qu'icelui y aurait dit, chez Beigbeder, à ce qu'elle dit, des trucs inconvenants contre elle, qu'il aurait pas été correct, pas assez convenablement moral pour la demoiselle, à parler ce qu'il a parlé d'elle et tout, au micro et tout ça, devant la fiole à Robbe-Grillet en plus. Angot ! Mais oui, vous avez bien ouï. C'est qu'elle est marrante, cette pimbêche, aussi, à se recycler maintenant dans la hargne cathodique. Est-ce qu'elle avait tant besoin que ça de pub ou d'oseille, avec ses produits cotés jusque dans le Parisien ? Et vous savez quoi, les vedettes ?, là ça fait flipper, même les vioques aux écrivains deviennent même des fois comme iceusses : que Donner, encore lui, serait à l'heure de ce jourd'hui assigné à comparaître devant le Juge de Paix par son vénérable papa parce qu'il aurait, paraît-il que c'est dans son dernier bouquin et tout, moi entre nous je l'ai pas lu, soi-disant dénoncé des infos supputées coupables d'exagération le concernant lui, le vénérable triste sire à Christophe Donner ! Et alors, qu'est-ce que les écrivains il leur restera à écrire maintenant que les trois quarts des plumitifs sont devenus comme matons et flics et que les géniteurs voilà-t-il pas qu'ils la ramènent en plus à leur tour, leur fraise, vigilants et tout ça ? Des messes, peut-être ? Heureusement, c'est pas ma grand-mère qui aurait été comme ça, elle, si j'avais été écrivain. Tout ça pour dire aussi qu'il leur en faudra, maintenant, à tous les écrivains, des paquets de fric à distribuer pour tous les mal torchés de la hure qui ne pensent plus qu'à leur promo perso en même temps qu'à les pomper.

Au moins je suis plus sans comprendre que les journaleux, eux, du web et d'ailleurs, arrêtent pas non plus de jurer par l'omerta et que quand c'est qu'ils se taisent pas c'est pour distribuer les mêmes louches de soupe en veux-tu en voilà que dans les tabloïds que nous on était habitués. Qu'il faudrait maintenant mouiller la compresse du matin au soir à toutes les raclures de Paname, les peigner dans le sens du crin, leur passer la brosse à reluire, s'agenouiller, s'aplatir, s'allonger à leur botte, sous peine d'être traîné comme des merdes au pied de l'échafaud ! Moi je dis que pas question : marre de tout ça. L'heure de la dézingue a tintinnabulé ! Aouh ! Je vous promets, vous autres, que quant à Tito elle sera saignante, la dézingue, et à tous les coups qu'il faudra, contre tous les cons, les quels-qu'ils-soient mais pas seulement, les autres aussi.

A plus.

Tito Bast

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