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On m'a dit comme ça, au fait, qu'une huile certaine, elle, elle
aimait bien la férocité, mais à condition que ça la concerne
pas. Paraîtrait-il qu'il serait comme ça, le Monsieur que je
pense : délicat pour lui mais pas pour les autres. Pas si con,
surtout. Du moins c'est qu'est-ce qu'on m'a dit, et c'est vrai
que j'ai pour manie de croire tout ça qu'est-ce que me disent
mes potes : d'ailleurs, ma grand-mère, elle-même, elle pense
qu'il y a jamais de fumée sans feu. Je sais pas ce qu'elle en
penserait, de cette huile-là, si elle en pensait quelque chose.
De toute façon rien est moins possible vu qu'elle habite dans
le XIIIème et que le mec il bosse à l'autre bout, que ça fait
un bout, du XIIIème à l'autre bout. Ses pauvres cannes phlébitiques,
des fois !, elle m'a protesté, quand je lui eus dit comme ça
qu'elle pourrait peut-être aller se renseigner à ma place auprès
d'une certaine suite de cuistres, comme ça, en loucedé, pour
savoir si c'était vrai qu'il aimait bien la férocité mais à
condition que ça le concerne pas. Comme ça j'aurais eu le cœur
plus sécure que celui d'un greffier, et que je risquerais pas
qu'on m'accuse avec légitimité que j'ai transgressé encore un
coup, de dire tout ça qu'est-ce que je dis.
De
toute façon, j'ai décidé de le pas provoquer, le chef, étant
donné qu'à ce qu'on m'a ajouté il paraîtrait des fois qu'il
serait cap d'en découdre réellement, vérité vraie ou pipeau
d'alpage, disons question de dignité, de nous les lâcher au
cul, des hordes de flics, et pittbulls et tout ça, que même
il paraîtrait que ça le démangerait des masses depuis que l'autre
fois j'ai parlé dans un éTito d'un quelconque parfum je sais
plus trop lequel : que son caviar, quand il le lampe, il aurait
perdu sur ses papilles pourtant aguerries jusqu'à sa saveur
garantie d'origine grand Nord, etc. Vous voyez le truc, vous
autres, avec vos Vache qui rit. Et vous savez pas tout : avec
ça Monsieur paraîtrait-il qu'il respecte en plus la liberté
d'expression d'autrui, mais qu'attention, et c'est qu'est-ce
qu'on m'a dit encore, il la respecte plus du tout, la liberté
expressive, qu'il la honnit même quand c'est qu'on prétend s'en
servir pour rapporter, de lui, ce que tout le monde sur la place
déjà il le sait toutefois, c'est-à-dire tout ça que moi j'ai
appris forcément et que j'ai donc reproduit texto illico à l'attention
des terroirs histoire qu'on s'y poile un peu à l'heure de l'apéro,
quoi, savoir qu'il se pomponne chaque matin à l'essence je sais
plus trop laquelle. Parce qu'aussi mes potes du VIème ils seraient
des menteurs, peut-être ? Non mais, attendez, là ! Je dis halte
à la diffamation, moi. Mes potes, quand même ! Qu'il faudrait
peut-être voir à voir. Il est peut-être pas plus con qu'une
procédure, lui, j'ai jamais dit ça d'ailleurs même si je le
pense en catimini. Mais moi non plus, aussi : ma grand-mère
elle me le dit assez souvent, que même ma vanité pour un peu
elle en souffrirait, elle s'appelle Salomé, fleur d'exil et
de prière. Bon bref, la liberté d'expression selon lui, je parle
de l'huile, du chef, de Monsieur, quoi, il ou elle, ou même
les deux, aurait dû m'interdire de reprendre ici ce que mes
potes ils étaient venus me raconter ! Je vous laisse juges par
vous-mêmes. Moi, de toute façon, j'ai promis de laisser tomber
sur le sujet d'autant plus que je m'en bats les noix, de ce
type-là, et même tout autant, si vous le voulez bien, que d'un
monôme de délinquants aussi merdiques que celui que forment
les bergers (de chez Grasset) ou encore les nourissiers (de
chez Gallimard depuis qu'enfin celui que je pense a décidé de
se mater grandeur nature dans sa psyché d'Auteuil comme c'est
qu'il s'y reconnaît, c'est-à-dire comme une bille absolue, notez
bien que c'est lui qui le dit, pour une fois, et comme orpheline
d'elle-même, je veux pas non plus que les hospices me cherchent
des crosses, moi). Toujours est-il qu'à cause de ses cannes,
ma grand-mère a pas pu aller me renseigner sur le mec de l'autre
bout. Tant pis pour moi. Au fait, comment c'est qu'il s'appelle,
ce mec ? Pour rien vous cacher, à vous autres, je dirai M. Personne,
là.
Mais
quand même, c'est pas de ma faute, je peux pas m'empêcher de
penser qu'ils sont pas gonflés, tous ces mecs-là, d'avoir plus
qu'un seul mot à la bouche : procès !, si vous fermez pas vos
gueules. Comme au temps de Flaubert et de ses propres potes,
vous savez ? Qu'ils s'épient même maintenant les uns les autres,
les Néron, à soupçonner ce qu'on veut parler quand c'est qu'on
parle d'eux, des fois, chez Lipp, ou ailleurs, à la télé, par
exemple, chez Beigbeder en fin de semaine sur Paris-Première.
Même Angot, qu'elle est allée jusqu'à porter plainte contre
Donner parce qu'icelui y aurait dit, chez Beigbeder, à ce qu'elle
dit, des trucs inconvenants contre elle, qu'il aurait pas été
correct, pas assez convenablement moral pour la demoiselle,
à parler ce qu'il a parlé d'elle et tout, au micro et tout ça,
devant la fiole à Robbe-Grillet en plus. Angot ! Mais oui, vous
avez bien ouï. C'est qu'elle est marrante, cette pimbêche, aussi,
à se recycler maintenant dans la hargne cathodique. Est-ce qu'elle
avait tant besoin que ça de pub ou d'oseille, avec ses produits
cotés jusque dans le Parisien ? Et vous savez quoi, les vedettes
?, là ça fait flipper, même les vioques aux écrivains deviennent
même des fois comme iceusses : que Donner, encore lui, serait
à l'heure de ce jourd'hui assigné à comparaître devant le Juge
de Paix par son vénérable papa parce qu'il aurait, paraît-il
que c'est dans son dernier bouquin et tout, moi entre nous je
l'ai pas lu, soi-disant dénoncé des infos supputées coupables
d'exagération le concernant lui, le vénérable triste sire à
Christophe Donner ! Et alors, qu'est-ce que les écrivains il
leur restera à écrire maintenant que les trois quarts des plumitifs
sont devenus comme matons et flics et que les géniteurs voilà-t-il
pas qu'ils la ramènent en plus à leur tour, leur fraise, vigilants
et tout ça ? Des messes, peut-être ? Heureusement, c'est pas
ma grand-mère qui aurait été comme ça, elle, si j'avais été
écrivain. Tout ça pour dire aussi qu'il leur en faudra, maintenant,
à tous les écrivains, des paquets de fric à distribuer pour
tous les mal torchés de la hure qui ne pensent plus qu'à leur
promo perso en même temps qu'à les pomper.
Au
moins je suis plus sans comprendre que les journaleux, eux,
du web et d'ailleurs, arrêtent pas non plus de jurer par l'omerta
et que quand c'est qu'ils se taisent pas c'est pour distribuer
les mêmes louches de soupe en veux-tu en voilà que dans les
tabloïds que nous on était habitués. Qu'il faudrait maintenant
mouiller la compresse du matin au soir à toutes les raclures
de Paname, les peigner dans le sens du crin, leur passer la
brosse à reluire, s'agenouiller, s'aplatir, s'allonger à leur
botte, sous peine d'être traîné comme des merdes au pied de
l'échafaud ! Moi je dis que pas question : marre de tout ça.
L'heure de la dézingue a tintinnabulé ! Aouh ! Je vous promets,
vous autres, que quant à Tito elle sera saignante, la dézingue,
et à tous les coups qu'il faudra, contre tous les cons, les
quels-qu'ils-soient mais pas seulement, les autres aussi.
A
plus.
Tito
Bast
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