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Paris avec les sept as d'or |
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NB :
Ce texte est un extrait du journal parisien du photographe. |
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Dès cette époque, j'aurai pu opter pour l'argent facile et attirant, me laisser aveugler par l'éclat, illusoire et faux, d'une photographie consumériste, pour qui le fond infini était à la mode et le modèle et son objet représentaient les pièces fondamentales et artificielles du message. J'aurai aussi pu dire oui à l'appel de la publicité et gagner de belles sommes, en renforçant mon compte bancaire en calories. Mais comme compensation, j'allais me fabriquer un ulcère, qui trouerait ma santé en menaçant ma paix d'esprit, à force de lutter pour le droit d'auteur, sacré pour moi depuis lors. En vérité, il est difficile de départager ce qui est bien ou mal en photographie ou en art, quel qu'il soit. Ce qui est important, c'est que l'artiste crée en paix avec lui-même. En fin de compte, que serait le jaune si tout le monde n'aimait que le lilas, le vert ou le bleu ? Si aux Etats-Unis la spécialisation est consacrée - celui qui travaille avec la couleur ne travaille qu'avec la couleur, idem avec le noir et blanc, la photographie aérienne, le portrait - elle est considérée comme une arme à double tranchant par certains critiques. D'autres optent pour la spécialisation sans se laisser " asphyxier ", laissant la porte entrouverte à d'autres expériences. En photojournalisme, il existe plusieurs tendances et un bon éditeur est celui qui sait jongler avec les différents talents. La prudence recommande de ne pas demander à un bon photographe " criminel " de couvrir un défilé de mode, de même qu'il ne serait pas raisonnable de parachuter un photographe sportif dans un essai sur Claude Debussy. Mais il y a des exceptions et il ne faut pas tourner le dos aux possibilités qui se présentent. Pour revenir à mon adolescence, je me voyais de nouveau habitant Maria das Graças, entre Cachambi et Jacaré, portant un uniforme scolaire, le cartable plein de livres et de cahiers. A l'époque, j'avais pris l'habitude de marcher une demi-heure pour aller à l'Atheneu, afin d'économiser l'argent du transport et le garder pour le goûter. Ainsi, à la fin de chaque mois, une fois mes économies rassemblées, j'achetais un abat-jour lilas ou n'importe quel autre petit cadeau pour la fête des mères et le donnais à ma chère Uda. Un jour, au printemps 1954, je découvris la photographie en feuilletant à la bibliothèque de l'école un livre sur l'alchimie et les techniques de développement. A ce moment-là, je me transformai en " sorcier ", j'arrêtai le temps et commençai à comprendre que je pouvais travailler le réel en le transformant en illusion, utilisant les actes du quotidien comme prières et cantiques, et en recherchant chez mes maîtres une manière de montrer la musicalité de mes photographies. Coupures d'illusion >>Suite
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Découvrez l'exposition en ligne de Walter Firmo : Saudade de Paris
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