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Mike Hooligan, "de police"...

Train de nuit
Martin Amis
(Gallimard)

Mike Hooligan, " de police ". Du terme " inspecteur " élidé dans ce " de police " signalétique à l’introspection qui sillonne tout le roman, est opéré un double déplacement qui peut figurer les enjeux formels et thématiques du livre.
Formels, parce que Martin Amis, dont c’est là le septième roman, adopte une voix qui fraye au plus près de la réalité et de la parole des commissariats américains. L’inspecteur Mike Hooligan, est donc " de police ". Il s’agit pour l’auteur de se mettre sur le fil du rasoir, d’ouvrir brèche par brèche les croyances qui nous tiennent lieu de certitudes. Au risque de passer à côté de la " Littérature ". Commencer par sa propre langue. Déflorer un anglais très britannique, trop sécurisé en le martyrisant. Ouvrir ainsi discrètement, violemment, la syntaxe pour mettre à l’épreuve la sécurité de la lecture.
Thématiques également, bien qu’il s’agisse plutôt là d’une hypothèse de lecture. L’élision du terme " inspecteur " dans ce " de police " peut en effet signaler en creux la déroute de toute inspection en matière de suicide. " De police ", parce qu’il n’est plus lieu d’opérer aucune inspection à l’encontre d’une suicidée, parce que s’ouvre dans l’enquête une béance qui dévore l’enquêteur. D’inspecteur Mike Hooligan il n’est en effet plus, dès qu’elle franchit le seuil de cette enquête impossible ; le personnage et le lecteur pénètrent dans un périmètre qui n’a plus aucun cadre, aucune limite possible…

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