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Traduit de
lAméricain par André Yves Richard (Jai lu, 1998)
Titre original : The naked sun,
1957
Face aux feux du soleil est la
suite des Cavernes dacier. Cette fois, linspecteur Elijah Baley mène
son enquête sur Solaria, lointaine planète où un meurtre vient dêtre accompli. |
Il
est une nouvelle fois accompagné de son ami, Daneel R. Olivey, un robot
humanoïde. En effet, les Terriens et les Spaciens, descendants des hommes qui ont conquis
lespace, ont décidé dunir leurs compétences pour résoudre cette crise.
Qua-t-il pu se passer
sur Solaria ? Ce crime est le premier du genre sur cette planète policée, où il ne
se passe jamais rien, et pour cause : la société solarienne est fondée sur le
tabou de la présence physique. Autrement dit, les 10 000 habitants de Solaria ne se
voient ni ne se touchent jamais. Ils ont organisé les relations sociales au travers de
systèmes perfectionnés de visio-présence, et des armées de robots dociles
soccupent de la production, des tâches domestiques et de laménagement de la
planète. Les circonstances du meurtre sont doublement absurdes : un robot semble en
effet impliqué, alors que les Trois lois de la Robotique interdisent à ces créatures de
causer le moindre tort à un humain.
Forte tête mais Terrien
incorrigible, linspecteur Baley va vivre une enquête éprouvante, faite de
multiples rebondissements et de surprises continues au contact de ce peuple étrange, dont
le mode de vie soppose en tous points au sien. Sur Terre, il ny a pas de
robots, les habitants vivent dans une promiscuité de tous les instants dans des villes
souterraines privées de soleil et dair naturels. Sur Solaria, Elijah Baley devra
lutter contre ses propres phobies pour accomplir sa mission : marcher à
lextérieur, les cheveux dans le vent et les yeux face aux feux du soleil.
Peu à peu, alors quil
progresse dans sa recherche, linspecteur Baley découvre que sa mission est
dune portée plus large que prévue. La Terre et lespèce humaine sont
menacées, à moins que ses compatriotes ne se décident à sortir de leurs villes
souterraines pour coloniser à nouveau lespace
Plus fascinant encore que Les
cavernes dacier, cette nouvelle aventure des deux plus grands détectives de la
Galaxie soulève des interrogations historiques et sociologiques qui animent globalement
luvre dAsimov (cf. Fondation et le Cycle
des robots). Comment les dynamiques démographiques, technologiques,
socio-économiques et culturelles déterminent-elles lévolution des civilisations
humaines ? Comment se créent, se perpétuent et disparaissent les normes
sociales ? Que peut un homme contre les mouvements de lunivers ?
Kz
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Solaria vue par Philippe
Breton

"La roman
d'Asimov, Face aux feux du soleil (J'ai lu, Paris, 1970), paru pour la première
fois en 1957, pourrait bien, malgré ses allures assez modestes, revendiquer d'être l'un
de ces miroirs qui reflètent nos tendances actuelles et être l'un des prototypes
décrivant le mythe de la communication moderne. (...)
Le thème apparent de Face aux feux du
soleil est simple, voire naïf. Un Terrien est chargé d'une investigation sur une
planète où le mode de vie diffère sensiblement de son équivalent sur Terre. Pour cela,
il fait équipe avec un robot qui se fait passer pour un homme. Il est également chargé
d'une mission qui consiste à réaliser pour ses mandataires une analyse de type
sociologique de la société dans laquelle il est amené à intervenir. (...)
Asimov nous décrit deux sociétés
distinctes (la Terre et la planète extérieure Solaria) qui représentent deux
évolutions possibles de notre monde actuel. Sur Terre les hommes sont entassés dans
d'immenses villes où ils n'ont plus guère de contact avec la Nature. La vision d'un
espace trop grand ou le simple fait d'être confronté à l'air libre provoquent chez eux
une sensation de vertige insupportable, qui semble faire désormais partie de la nature
humaine tant elle est intériorisée. Il y a peu de machines dans ces univers où l'humain
remplit tout l'espace et où, signe de la phobie ambiante, les loyers des appartements qui
sont au centre des grands immeubles sont beaucoup plus chers que ceux des logements qui
ont des fenêtres, pourtant murées, qui donnent sur l'extérieur.
Cette présentation de la vie sur Terre
sert ici, pour Asimov, à mettre en valeur son thème essentiel, la société qui vit sur
Solaria. Il s'agit d'un monde où les hommes, assez peu nombreux, vivent entourés d'une
multitude de robots qui les assistent pour les moindres tâches et représentent autant de
partenaires avec lesquels chacun a le loisir de communiquer. Sur cette planète chacun vit
seul - il n'y a pas de ville mais des propriétés isolées - et la rencontre physique,
considérée comme un véritable tabou, y est vécue comme insupportable (les médecins,
par exemple, font leurs consultations par médias interposés).
En contrepartie de cet éloignement
physique permanent, les contacts médiatisés sont fréquents, grâce à un système de
communication sophistiqué, de type holographique. On peut par exemple manger en face d'un
interlocuteur, c'est-à-dire en face d'une image virtuelle qui comprend la personne mais
aussi son environnement immédiat (la pièce dans laquelle elle se trouve). Se montrer
dévêtu ou complètement nu devant son interlocuteur ne suscite paradoxalement aucune
gêne, puisqu'il ne s'agit que d'une image !
L'apport d'Asimov est de ce point de vue
essentiel : ses ouvrages sont autant de questions sur la nature du lien social d'une
société donnée et sur les réponses que les techniques permettent de fournir aux
menaces qui pèsent sur lui. La société mythique, qui a éloigné physiquement les
individus les uns des autres, est une société qui, justement, ne connaît pas le
meurtre. On comprend mieux qu'en toile de fond Asimov nous propose une société menacée
par la surpopulation, qui sert à évoquer ici le thème de la promiscuité physique. La
communication vient ainsi constituer une solution à ce que l'on pourrait appeler par
raccourci une "promiscuité meurtrière". Cette solution pourrait se résumer en
une formule : les êtres, dans une société de communication, sont faiblement
rencontrants et fortement communicants. Ils réalisent ainsi parfaitement l'idéal
utopique de la communication".
[L'utopie de la communication,
La découverte, p. 116] |
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L'utopie de
la communication : Le mythe du village planétaire, Philippe Breton.
90,25 F |
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Dick] |
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Cavernes
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