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Spécial USA
Is Writing a crime ?

Abu-Jamal
En direct du couloir
de la mort

La Découverte
1995-1999
préface
de Jacques Derrida

Colette Berthès
Odell Barnes
Les Arènes
2000

Revue
Autodafé
Parlement international des Ecrivains
automne 2000

LIENS US

ABC News
Special Report

Death Penalty
consultez notamment un altas interactif des législations en vigueur au niveau international

Amnesty
International USA

Abolish

Mumia Abu-Jamal's
Freedom Journal
mumia.org

EN FRANCAIS

Antenne Française
de l'International Concerned
Family and Friends
for Mumia Abu-Jamal

Site du MRAP
La synthèse en français des irégularités qui ont entâchées le procès d'Abu-Jamal

>>lire aussi Autodafé Parlement international des Ecrivains
>>lire aussi Colette Berthès Odell Barnes Les Arènes 2000
En direct du couloir de la mort
Mumia Abu-Jamal
La Découverte
(Préface de Jacques Derrida)

Si la mobilisation internationale n'a pu empêcher l'exécution d'Odell Barnes, il reste toujours dans les couloirs de la mort un condamné dont les Etats-Unis ne savent s'ils doivent appliquer ou commuer la peine : Abu-Jamal, journaliste, écrivain et condamné à mort noir-américain attend depuis vingt ans la révision de son procès. Il doit ce répit et sa survie à cette liberté paradoxale : il écrit. Retour sur un ouvrage majeur de la critique des discriminations raciales institutionnalisées aux Etats-Unis, En direct du couloir de la mort, (paru en 1995 à la découverte, édition revue et augmentée en 1999), qui à force de chroniques presque quotidiennes de la vie des prisons américaines dévoile les mécanismes d'un système tout entier. Une critique qui, avec de nombreux autres appels, s'adresse aujourd'hui directement au nouveau président américain, George W. Bush Junior.

Elections américaines obligent, il est impossible de contourner la question des luttes raciales et des discriminations quasi institutionnalisées dont sont victimes les populations minoritaires aux Etats-Unis. Nous avions le mois dernier publié un compte-rendu de l'ouvrage de Colette Barthès, la correspondante quatre ans durant d'Odil Barnes reclus au fond du couloir de la mort de la prison de Huntsville, Texas, et qui en France l'a aidé à plaider et surtout faire entendre sa cause. Loin de rester confinée dans une sphère privée, la correspondance n'a eu de cesse de se faire l'écho publique et politique de cette atroce réalité : les Etats-Unis d'Amérique, première puissance mondiale et chantre de la liberté sur la scène internationale, fière comme aucune de sa constitution dont le socle est la défense de toutes les libertés individuelles, sont également la première puissance mondiale au regard de la pérennisation de cet archaïsme : le meurtre d'Etat. Abu-Jamal le précisait dans ces textes écrits en 1989-1994 qui restent toujours d'une brûlante actualité : parmi les trois puissances mondiales à prononcer le plus grand nombre de condamnations à la peine capitale, avec la Chine et L'Arabie Saoudite, seuls les Etats-Unis sont reconnus pour être une démocratie. Dans sa préface à cet ouvrage, John Edgar Wideman rappelle dans le même ordre d'idée qu'en 1980 déjà, les Etats-Unis étaient le troisième pays du monde du point de vue du pourcentage de la population recluse en prison. Les deux premiers ont accusé le plus cinglant et le plus forcené des démentis en provenance de leur population : Les régimes d'Union soviétique et d'Afrique du Sud ont depuis essuyé de véritables révolutions. Les Etats-Unis attendront-ils d'en venir à ces extrêmes pour réformer non seulement leur système judiciaire, mais également un socle moral et essentiellement politique qui en est la justification ultime ?

Nous le savons. Trois mille prisonniers attendent actuellement une mort programmée dans les prisons américaines sans véritable espoir, et ce dans des conditions de détention extrêmement préjudiciables : en attendant quelques fois depuis plus de vingt ans une mise à mort inexorable, parqués dans certains établissements 22h/24 dans leur cellule de 2m/3 et interdits de tout contact physique avec leur proches, leur famille, ils sont victimes d'une déshumanisation rampante. Les rapports émis chaque année par Amnesty International ne laissent planer aucun doute quant à cette réalité des couloirs de la mort et qualifient expressément le système carcéral américain d'attentatoire à la dignité humaine. Mais, et c'est là une vérité reconnue à mi-mot par le Congrès américain, l'atteinte aux droits civiques et la discrimination qualifiée des afro-américains, pour ne citer qu'eux, en sont le corollaire immédiat et irréfutable. Les afro-américains représentent 11% de la pop américaine ; ils représentent 40% de celle des couloirs de la mort.

Writing is a crime
"Je vous écris de la prison d'Etat de Huntingdon, dans le centre de la Pennsylvannie, le plus grand couloir de la mort de l'Etat. " La litanie des chiffres et les répétitions du livre ne changent rien à l'horreur du constat et à ses implications politiques. "Dans le couloir de la mort, le monde est plus noir que partout ailleurs. Les Africains-Américains représentent seulement 11% de la population nationale mais constituent environ 40% de la population du couloir." (p. 43) Le Congrès américain a été en passe de reconnaître très officiellement ces chiffres et leurs implications. L'arrêt Mc Cleskey contre Kemp de 1987 (p.49), prononcé par le Congrès américain, reconnaissait en effet, au plus haut niveau du système juridique américain, que celui-ci avait de fait institué une politique de discrimination selon que les accusés étaient noirs ou blancs. Statistiques à l'appui, l'étude sur laquelle statuait cet arrêt (finalement rejetée par le Congrès de peur donc d'avoir à en assumer les implications) démontrait par exemple de façon irréfutable les inégalités raciales énormes dans l'application de la peine de mort en Géorgie. Abu-Jamal en fait cette synthèse : "Les personnes accusées d'avoir tué des Blancs ont 4,3 fois plus de risque de mourir que celle accusées d'avoir tué un Noir. Ce qui signifie que pour onze personnes accusées du meurtre d'un Blanc, six n'auraient pas été condamnées à mort si la victime avait été noire." (p. 50)

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>>lire aussi Colette Berthès Odell Barnes Les Arènes 2000
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