édiTARD_72 / 28.08.01
Inflation du kilo de sapin
Point de retour ni de rentrée pour les netslaves surconnectés que nous sommes, qui partout sont ici et ici sont ailleurs. Les parutions ayant été plutôt rares cet été, nous nous devions tout de même de vous donner quelques nouvelles : ça va bien ! merci. Et vous ? Vous avez passé une délicieuse saison estivale ? Nous nous en félicitons (quoique nous n’en soyons pas forcément responsables).


Tout va bien, donc. Sur le front de la culture, cependant, quelques ombres au tableau viennent fort inopportunément nous rappeler que nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes. Que se passe-t-il dans les kiosques, par exemple ? La grande famille de la "presse culturelle" semble s'être donné le mot pour nous abreuver de poncifs automnaux tout juste bons à relancer l'inflation du kilo de sapin. Ce n'est sans doute pas pour nous étonner, mais on peut légitimement se demander si cette course effrénée à la primeur artistique et cette nouvelle illustration de l'ère des étalages (les fameux "produits culturels") se démoderont un jour.

Un pamphlet quelque peu puéril et entendu nous sert donc d’introduction au merveilleux monde des lettres tel qu’il est décrit chez certains de nos confrères. Pour en finir avec la rentrée littéraire, ou comment fâcher notre armée d’attachés de presse qui oeuvre péniblement depuis plusieurs mois pour nous dégotter une citation dans le "Pressons" des Inrocks.

Enfin, nous félicitons notre éminent confrère Chronicart qui sort ces jours-ci un numéro papier d'une rare fraîcheur : sur la couverture glacée de ce numéro torride pose un Dantec pixello-lifté tenant à la main le nouveau roman de Houellebecq (barré d'un "Goncourt 2001" prophétique). Une fois n'est pas coutume, le mag nous donne entre autres plaisirs l'occasion de lire un Belhaj Kacem d'une modestie trop rare dans cette société de faux-semblants. Un bel exercice de style ! Nous leur souhaitons bon vent, et -qui sait ?- de nombreuses éditions par delà le vaste monde.

MAIS POURQUOI NE PARLEZ-VOUS PAS DE CULTURE DANS CES QUELQUES LIGNES ?

C'est vrai quoi ! Qu'est-ce qu'on s'en fout de lire un compte rendu de la "culture vue par". Dites-le nous, vous, ce qu'on doit lire pour la rentrée ! Ce qu'on doit écouter ! Ah vous faites moins les marioles maintenant !...

Ami lecteur, remettons les choses au clair : nous ne nous permettons pas d'injonctions. L'impératif ne sied pas, nous semble-t-il, à l'objet de nos principaux centres d'intérêts (musique, cinéma, littérature... nous en passons et des meilleurs). Nous pensons en outre qu'il n'est jamais trop tard pour parler des bonnes choses, et qu'il convient de reculer (ou tout au moins de prendre du recul) pour mieux sauter. Autant de vérités populaires qui gouvernent chaque jour nos paisibles destinées, loin du maelström médiatique et des préparatifs de Noël.

Une autre raison, et non des moindres, c'est que nous sommes en train de peaufiner une incroyable base de données pour nous permettre de publier des articles plus facilement (sans les écrire, c'est dire !) et que cette occupation technique nous prend un temps monstrueux. Nous n'épiloguerons pas sur l'accélération sans précédent des techniques de pollution intellectuelle. Mais nous vous donnons rendez-vous d'ici peu pour partager découvertes et retrouvailles : dès la semaine prochaine, en home de flu et en exclu, Dantec, Houellebecq, Björk et consorts surpris en pleine bataille de purée à la cantoche.

Un numéro à ne pas manquer !

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...on peut se demander si cette course effrénée à la primeur artistique et cette nouvelle illustration de l'ère des étalages se démoderont un jour.

 

 

Qu'est-ce qu'on s'en fout de lire un compte rendu de la "culture vue par".

 

 

Nous n'épiloguerons pas sur l'accélération sans précédent des techniques de pollution intellectuelle.

 

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