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édiTARD
59.O
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Messe
pour le temps ... futur
Bienvenue dans un monde
de loisirs, de divertissements et de plaisir for everybody.
On line ! La fin du travail ! La fin de l'histoire !
Vive le troisième millénaire cyber et A bas la récession !
Demain, ah, oui, demain…
De retard d'introduction en retard d'introduction, de chutes
des cours en chutes tout court et véritables dépôt de bilan,
sans compter le ralentissement de la vente de PC et la déconvenue
générale sur les taux d'équipements des ménages en connexion
(10 à 12 ridicules % en France), il semble bien que le grand
messe du paradis pour tous, fin du travail et loisirs à perpétuité
"offerts à chacun de ceux qui seraient connectés d'ici la fin
du siècle", touche à sa fin. Nous sommes ravis de vous annoncer,
dernier avatar en date de cette grande déconvenue, la déconfiture
du cyber noël marchand. Ils avaient bien fait venir le Père
Noël (après le téléphone, le minitel et la télé, il nous fallait
bien un père Noël dans le cyberspace pour émerveiller les enfants
de la netéconomie), mais les cyberconsommateurs, et donc les
ventes, ont cruellement fait défaut. Adieu,
Père Noël. Back au placard des mauvaises
idées promo !
Notre arrivée dans le troisième millénaire nous conduit, même
si nous ne sommes les messies de personne, à vouloir dresser
un bilan. On ne voudrait pas vous foutre le cafard en ce début
de nouveau siècle (restons donc à une échelle humaine, raisonnable,
loin des grands frissons millénaristes, aux relents messianiques,
qui ne font aboyer que les poules) mais on a tous du mouron
à se faire. Nous allons donc tenter de répondre à la question :
A quoi ressemble le web aujourd'hui ? en posant le débat
en ces termes volontiers polémiques : Pour ou Contre le
Web ? Stérile, dépassé, démago ? Pas si sûr… Lisez plutôt.
La grande nouvelle du web, l'événement continu du second semestre
2000 et la liesse de cette prochaine année 2001, ce sont donc
les promesses des lendemains
qui chantent, les certitudes et les déclarations tonitruantes
de quelques experts bercés par la main invisible de Smith et
autres spécialistes stock ponctionnés, qui n'ont pas arrêté,
qui n'arrêtent plus, semaines après semaines, de subir les "corrections"
du marché. La main se ferait-elle moins invisible qu'il n'y
paraissait ? La correction apparaît en tout cas elle des plus
cuisantes et nous avons décidé d'élire le top ten des faces
les plus visibles de cette énorme pantalonnade. Si la question
est loin d'être résolue, on profite de cet instant de pseudo
transition pour bien nous bidonner.
Sous les paravents d'une nouvelle respublica, d'une cybercommunauté
transnationale, ouverte à tous et presque libertaire, on a en
effet eu droit à un prosélytisme continu, absolument systématique.
Faut-il parler d'idéologie néo-libérale, ou le terme doit-il
purement et simplement être banni de nos vocabulaires, parce
que, politique, économique, résistant, et pas assez "culturel"
? Ah le grand jeu du matraquage marketing en tout cas !
Et les concepts bidons, à coup de manichéisme et de sens de
l'histoire : la vieille économie est morte, vive la nouvelle
économie ! En trois ans à peine, un seul mot d'ordre semble
avoir été insufflé par tous et à tous : connectez-vous, connectez-vous !
D'un seul souffle, la société de mass media qu'était la notre
plébiscitait sans contradiction possible le passage au tout
numérique. Soucieuse de combler son retard sur le big brother
américain, la France a eu bon dos de se mettre au tout cyber
et presse, télé, radio, grands groupes se sont engouffrés comme
un seul homme dans le grand robinet du réseau. Pour quel web ?
Pour quel réseau ? Pour quels contenus ? Il n'y a
en tout cas pas un média, une entreprise, une émission de télé,
un film qui n'ait son site, à charge bien sûr d'assurer sa promo
en circuit fermé. Et il pousse des dot.com partout, dans les
grands quotidiens, aux frontons des écoles, jusque sur l'envers
du moindre sac poubelle. Essayer simplement d'arrêter un sac
plastique pris en pleine tornade de janvier ? Il sera estampillé
d'une belle, séduisante adresse www.clickmoi.com,
comme une invitation toujours ouverte à vous "communiquer" ses
petits avantages de "marques". Et de même dans la pub, à la
télé, dans les couloirs du métro, au cinéma (nous pourrions
à ce titre exiger le retrait immédiat des pass d'accès illimité
des grandes salles si leur condition d'existence est la surenchère
publicitaire : basta d'être exposé comme une cible statique
aux grands fourvoyeurs de la révolution on line). Ah ! le grand
bourrage de crâne !
Pour ou Contre le Web ? Nous voilà en tout cas dans le troisième
millénaire technologique. Bienvenue dans le réseau culturel
mondial. Bienvenue dans la
guerre des loisirs idéologiques.com
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