On parle ainsi pêle-mêle de culture bourgeoise, de culture urbaine, de culture
underground, de culture politique, de culture humaniste, et même de culture de masse, de
culture physique et de culture dentreprise ; il est même jusqu'à un
Ministère de la culture (dont la ministre ces jours-ci, me signale mon voisin un rien
moqueur, a été capable, juste avant de nous quitter hier, de confondre Godard et Vadim,
la conne) chargé de promouvoir la création sous toutes ses formes et dencourager
les initiatives visant à les faire connaître, auquel nous faisons quand même un (petit)
appel du pied ici. Savez-vous que le Ministère de la culture vient d'ouvrir les fonds du CNC à la création multimédia en donnant la
priorité absolue !!! à l'Internet culturel ?
Et pourtant, la culture est aussi cet animal
artistique et humain qui fait saffirmer les subjectivités, se façonner les
intelligences et les sensibilités, se rencontrer et sélaborer les individualités.
Quil est saisissant de regarder se démener les cinéastes, les metteurs en scène
et les comédiens, les écrivains, les peintres, les photographes, les graphistes, dans le
web et ailleurs, bref, les artistes et les créateurs ; de regarder de lautre
côté les spectateurs, lecteurs, auditeurs, visiteurs, par centaines et centaines de
milliers courir les salles, lire la presse, sinformer et voir, voir encore, aller en
librairie et lire, lire, lire
Quel spectacle, quelle effervescence, quelle
féerie ! Toute foisonnante quelle soit, la culture est donc ce creuset de
lexpérience intime, le lieu finalement où histoire personnelle et collective se
mêlent, le lieu où séchangent et se construisent en permanence émotion,
intelligence et perception.
Arrêtons-nous là. Lactualité presse. Cette
semaine, le propos de l'éditard était de se recentrer sur les forces vives de Fluctuat,
sur la matière même qui habite ses rubriques ; une curiosité à toute épreuve,
une inénarrable foi dans la création, une assurance sans faille quant à la pertinence
de cette idée simple : le web est le lieu rêvé, un lieu sous-exploité cependant,
pour découvrir, expérimenter, soutenir, promouvoir la culture, toutes les formes de
cultures. Car il ne faut pas s'y tromper : Non seulement les très pompeux
"arts" ne sont pas que faux-semblants, mais ils - littérature, théâtre,
cinéma, arts plastiques - sont les garants de nos identités présentes et futures, et
cela particulièrement dans l'environnement consumériste actuel. Cependeant, malgré
notre bonne vieille habitude, et pour éviter de nous faire cataloguer dans la tranche des
gauchos qui conspuent la culture de masse, nous devons dire que nous n'avons même pas
boycotté Taxi 2, qui n'est pas chroniqué cette semaine : nous n'avons tout
simplement pas pu voir le film, Besson ayant comme de coutume restreint l'accès aux
projections du film à un très petit nombre de privilégiés. A l'affiche, allez donc
plutôt voir et revoir le très bel Arrangement de Kazan ou
mieux, décidez-vous à aller enfin au théâtre : la rubrique scènes - Peyret, Boulgakov,
Camus- est faite pour ça. Mais vous faites avant
tout comme vous l'entendez. Au programme encore, une interview de Venus, qui fait suite à leur concert parisien
de la semaine dernière et, dans la rubrique Plumes, une nouvelle inédite du grand Artur Milhan. Enfin, n'oubliez pas que Fluctuat tourne 24h sur
24h et que des actus ont lieu quelques fois quand on s'y attend le moins.