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Le courrier des surfeurs

 

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édiTARD 43.0
La fête à l'Internet

C’est un fait, Internet est le grand sauveur de l’économie française. Un an a suffi à ces start-up, gazelles en patois parisien dans le texte, pour s’imposer sur les marchés financiers. On affiche alors ces princes du net sur toutes les couvertures de ces vieux bouts de papiers, qui jadis servaient à informer les peuples. Les publicités.com fleurissent le long des spots télévisés et le jeune de moins de 26 ans se demande comment il va bien pouvoir dégager des bénéfices sur son portail internetien. C’est la fête, la croissance repart, les stock-options en carottes, soit… Alors des gens bien intentionnés ont eu l’idée de créer la fête de l’ Internet, un grand rassemblement fédérateur de l’âge moderne. Avant il y avait la fête du cinéma, de la musique, voir des secrétaires mais depuis peu on a enfin notre fête de l’Internet.

C’était ce week-end la fête à l’Internet, plus précisément du 17 au 19 Mars 2000. C’était, donc, une fête pré-printanière, fraîche et bucolique. L’ AFI ( l’association pour la fête de l’Internet ) avait susurré le thème central de cette grande manifestation : démocratisation. L’idée était d'encourager les internautes francophones à donner bénévolement l'envie aux francophones non initiés de s'intéresser à l'Internet et d'en montrer sa diversité. En gros une sorte de Téléthon. Une sorte d’aide fraternelle aux exclus de le toile. Une mobilisation face à ces récalcitrants du e-bizness galopant. Il fallait ouvrir ses portes pour faire bénéficier des joies des enchères et autres placements boursiers en ligne, à l’Autre, oublié par tous car il ne pratique pas le coach potatoes.com.

Trois jours de solidarité à l’égard de ces personnes qui ne comprennent pas pourquoi on parle de machin.com sur le taxi et qui n’arrivent toujours pas à trouver le bazar i dans Paris. Tout le monde était sur l’affaire, de la ministre de la culture, marraine de l’opération, à la Poste, France Télécom et l’ensemble des médias vieilles générations comme France Télévision. Tous devaient s’investir pour essayer de faire comprendre aux non masculin-jeune-actif- disposant-de-revenus-confortables de l’absolue nécessité d’aller acheter son pain sur le réseau des réseaux.

Bien sûr, le marathon des 78h heures, qui a contribué à sensibiliser le grand public sur les avantages du web, la preuve vous êtes là, a été fort éprouvant. Les exemples ne manquent pas car il y a eu plus de neuf cent manifestations sur l’ensemble du territoire, comme à Bordeaux pour un décathlon de la créativité lors de la mise en place, clés en main, d’un site.fr. A Toulouse où des tentes géantes symbolisant les différentes planètes de l’Internet (éducation, loisirs, achats…) ont été montées à la force du poignet. Ou encore sur vinternotes.com où des dégustations massives de vins virtuels ont donné lieu à de bonnes parties de rigolades, et sur ibazar.com (grrrr) qui proposait cinq bons d’achats de 200 frs utilisables après un achat de 500 frs dans différents e-magasins partenaires.

Il ne manquait que Sérillon, dans l’animation générale de cette fête à l’Internet, pour faire rentrer le .com dans les foyers. Il manquait le grand compteur pour savoir où on en était dans le nombre de connectés supplémentaires. Il manquait Sannier et puis Paulette qui parcouraient les chemins à bicyclette. Mais surtout il manquait l’émotion, le contenu, la gratuité, la spontanéité, tout ce qui a fondé la base même de cette cyber vie communautaire du web. Mais bon, l’important c’est la fête, non ?

Place aux profits… sus aux idées.