De quoi sera fait notre futur ? La question, qui draine les meilleurs refrains de cette
fin de siècle, s'affiche ces temps-ci avec force. 2000, 2000, 2000. En lettres de feu,
inquiètes et mal reliées ou scintillantes et repues de strass et de paillettes, elle est
sur toutes les lèvres, sur tous les écrans, et en vient même à tarauder les esprits
les mieux tournés.Dans un environnement urbain, humain et
technologique bigarré, où toutes les strates, toutes les cultures, tous les mentalités
cohabitent, les deux dernières décennies, après la mauvaise descente des soixante dix
et l'ineffable gueule de bois du socialisme devenu réalité, se sont progressivement
ouvertes (réouvertes?) à tous les possibles. Libéralisation des échanges pour les uns,
libéralisation du désir pour les autres. Débarquement sous les néons des dance-floors.
Accès à la culture, au savoir, au plaisir. Contestations, revendications et
réorganisations au pluriel. Entrée dans la vie active. Débordement et formidable
ouverture sur les moyens de communications. Déboulonnement perpétuel dans les arcanes de
Paname.
Expérimentations donc. Expérimentations tous azimuts. Quoi qu'il
arrive, il ne s'agit là toujours que d'entrées en matière, de mises en train, de
perpétuels recommencements. Mais Le rêve est devenu réalité. Qu'on le veuille ou non,
nous sommes entrés dans un monde multi-directionnel.
A l'éditard cette semaine, tournant millénariste oblige, nous
vous proposons donc, histoire de consommer de façon définitive la dichotomie qui aura
était celle de cette fin de siècle, pas moins de dix voies ; dix options ; dix
directions, qui pourraient représenter dix visions du monde.