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Des murs et des fenêtres

Il y a dix ans, le 9 novembre 1989, tombait le Mur de Berlin. Le monde basculait dans le XXI° siècle, optimiste et heureux. La guerre froide s’achevait, l’Europe s’engageait dans un processus d’unification politique. Dix ans après, au-delà des bilans mitigés que dressent actuellement les médias, cette histoire semble étonnamment lointaine. La faillite des idéologies, la globalisation et l’explosion des nouvelles technologies de l’information ont profondément bouleversé un monde qui semblait immuable.

Aujourd’hui, le combat pour la liberté ne prend plus pour cible un Mur, mais des fenêtres. Microsoft, qui équipe 90% des ordinateurs avec son logiciel d’exploitation Windows, est devenu un monstre inquiétant, dangereux pour les libertés individuelles comme pour l’équilibre écologique de ce système nerveux numérique qu’est devenu l’Internet. Grâce à sa position dominante et à ses pratiques

déloyales, Microsoft engrange chaque année des bénéfices hallucinants (40 % de son chiffre d’affaires), injustifiés au regard de la valeur ajoutée qu’il génère pour les consommateurs. Cet argent lui permet de se diversifier tous azimuts, dans le domaine de la télévision, de l’édition, de la banque, des réseaux et, évidemment, des logiciels. Microsoft peut même se permettre de commettre bévue sur bévue (comme avec MSN, que Bill Gates présentait en 97 comme un réseau concurrent de l’Internet) : la trésorerie de l’entreprise la met à l’abri de tous les risques et lui permet de préempter de plus en plus d’activités humaines. Seule solution : placer Windows dans le domaine public, comme Linux, pour créer les conditions d’une compétition saine et empêcher toute intégration verticale (OS/bureautique/navigateur). Pour de nombreux observateurs, Microsoft doit être démantelé, comme le fut ATT au début des années 80. Et que vive la diversité.