| +++++ édiTARD 25.0 Comment ne pas écouter les opinions publiques |
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Comme la cavalerie dans Lucky Luke, le Comité Nobel arrive souvent en retard dans les batailles. En décernant le prix Nobel de la paix à Médecins sans frontières, les Norvégiens ont rendu hommage au droit dingérence humanitaire, qui marque un progrès majeur du droit international. Cest bien. Cest pourtant moins utile quil y a dix ans, quand MSF peinait encore à déployer son action et que le Tribunal Pénal International nexistait pas encore. Aujourdhui, les dissidents chinois ont davantage besoin dun soutien international que les French doctors. Tant pis, ils attendront. Sur un autre sujet, la santé et lenvironnement, les pouvoirs publics français font preuve dun cynisme qui rappelle la tartufferie des Norvégiens. La Semaine de la science, qui devait être loccasion de débattre démocratiquement des enjeux sanitaires et environnementaux, se transforme en psychothérapie de groupe où les élus assistés de leurs experts expliquent au quidam quil ne faut pas craindre le progrès. Allègre sest montré le plus fourbe dans son argumentation, mélangeant sans vergogne la problématique des OGN et la recherche bio-médicale (si pas de maïs transgénique, pas de thérapie génique pour les myopathes). En somme, il est expliqué par voie de presse que le principe de précaution est un argument rétrograde qui retarde laccès de lhumanité aux mille merveilles préparées dans les laboratoires de recherche. Le jeu démocratique est devenu un exercice sado-maso où les électeurs choisissent à intervalles réguliers le groupe politique qui les infantilisera. Vu la popularité acquise par José Bové, et les positions prises par le gouvernement français vis-à-vis du buf britannique, on peut être tenté de penser que la démocratie représentative continue, bon an mal an, de fonctionner. Il ne sagit pourtant que dune alliance accidentelle entre un courant dopinion dominant et un gouvernement dopé à la démagogie avant les négociations de lOMC. Pendant ce temps, Mc Donalds fait semblant de ne pas comprendre les débats sur le buf fou aux hormones transgéniques, se comportant comme si la " mal-bouffe " relevait uniquement dun différent commercial entre Etats. Cest moins rigolo que la charte de déontologie publiée par Vivendi, mais cest bon à savoir : les multinationales aussi nous prennent pour des gogos. Logout : Le dossier de
Libération sur la Semaine de la Science (+ programme) |
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