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_édiTARD 18.0

AVATARS

 

Paris a en ce moment des allures d’un théâtre où on répéterait la fin du monde. Le week-end dernier, la tempête a rappelé que, pour fonctionner, le cybermonde et ses appendices fonctionnels (le frigo, la télé, le chauffe-eau, les distributeurs bancaires) avaient besoin d’électricité.  Il s’en ait fallu de peu que l’anarchie n’embrase Paris, que les rats s’apprêtaient déjà à envahir. Heureusement, EDF n’a mis que 30 heures à rétablir le courant. On vous avait prévenu : le bordel ne fait que commencer.

Mercredi et jeudi, l’anarchie a pris un tour surréaliste. Une grève surprise de la RATP a paralysé la capitale. Coincés comme des rats sur les quais, les voyageurs ont subi le discours emporté et répétitif des préposés, défoulant leur colère sur les usagers rendus coupables d’un crime imaginaire :

" En raison d’une agression d’un de nos collègues, actuellement dans le coma,
le trafic est actuellement suspendu. Je répète :
LE TRAFIC EST ACTUELLEMENT SUSPENDU ! "

Ledit camarade est en fait décédé suite à une rupture d’anévrisme dans les quartiers nords. Persistant dans son mouvement, la CGT a montré que la langue de bois avait encore de beaux restes. Camarades, vous avez raison, il faut encourager la désinformation si elle sert la Révolution ! On aura au moins eu le plaisir de retrouver la capitale telle que pendant les grèves de 95, piétonne et bourdonnante. Ayant renoncé à tout sauf aux avantages acquis, les forces progressistes rappellent, avec Marx, que l’Histoire se répète toujours sous une forme grotesque.

 

 

 

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