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Exposition jusqu’au 27 octobre à l’espace Naturellement

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Photo : copyright Michel Guillaume

Rencontre
avec

Michel 
Guillaume


Fluctuat : Vous exposez ce mois-ci un ensemble de photos de nus réalisées ces dix dernières années. Comment et pourquoi décide-t-on d’organiser une rétrospective de son travail ?

Michel Guillaume : « Un jour on se rend compte que le temps passe, et on a envie de passer un cap. Au fil des années, des thèmes récurrents apparaissent mais traités avec des techniques différentes. J’ai eu envie de rassembler des images qui témoignent du cheminement parcouru, du travail engagé. Ca ressemble à l’envie de tourner la page, d’une certaine manière. Sur le plan technique, celui de la prise de vue par exemple, ça me permet de voir l’évolution de mes approches. Dans les photos les plus récentes, les corps sont moins inertes, on sent plus de mouvement. Toutes cependant ont en commun une certaine ambivalence. Le lieu se prêtait aussi à rassembler tous ces travaux et à laisser émerger les ruptures et les permanences. Et sans le cacher, c’est aussi un petit clin d’œil personnel, pour marquer l’an 2000, l’heure des bilans et des rétrospectives… »

Fluctuat : Cette exposition marque-t-elle une rupture, votre travail va-t-il changer ?

Michel Guillaume : « Non, je continue ce même travail, en ajoutant sans cesse des techniques nouvelles. Je me concentre depuis quelques années sur trois thèmes essentiels : le nu, le paysage méditerranéen et le carnaval*. Toutes mes photos étant travaillées sur la base des mêmes techniques plastiques. »

Fluctuat : Quelles sont les techniques que vous utilisez pour retravailler vos images ?

Michel Guillaume : « A la base un procédé de colorisation. Le but étant de modifier, de détourner les repères spatiaux, les volumes, les couleurs. Les photographies sont prises en Noir & Blanc ou en couleur. Elles sont ensuite retravaillées, maquillées, détournées pour ouvrir un champ onirique. »

Fluctuat : Peut-on parler de photos peintes ou même de peintures ?

Michel Guillaume : « Oui et non. Ces images restent pour moi des photographies. Je parlerais plus volontiers d’intrusion, de modification. J’ajoute au support argentique de la peinture, des encres, j’introduis des matières extérieures. C’est différent de la peinture car on opère une modification du support original. Toutes ces images restent des photographies, l’objectif n’est pas d’en faire des peintures. Le but est plutôt de modifier le regard. Chacun peut y voir ce qu’il veut. »

Fluctuat : Vous créez un univers irréel, suggestif, à partir d’une réalité donnée…

Michel Guillaume : « Mon but est d’évoquer des choses différentes à partir d’une même réalité. Les images ont un sens pour moi mais sont ouvertes à toutes les interprétations possibles. Elles sont données à voir. Ce qu’elle peuvent évoquer pour les autres n’a pas trop d’importance au moment où je travaille. Je joue sur l’ouverture et l’évocation. Une image ne doit pas être fermée, figée. Une photographie est réussie quand elle est ouverte. La liberté d’interprétation est intéressante, obtenue soit dans la pose, soit par un traitement original, hors du commun. L’idée d’être rangé dans une catégorie me dérange. On doit refuser l’enferment. Mon travail porte une dose d’onirisme, de rêve, de sensualité et j’espère qu’il ouvre des portes. Chaque image doit se suffire à elle-même. Je ne fais jamais de séries, ce qui n’empêche pas de pouvoir raconter des histoires avec certaines d’entre-elles, mais elles sont toutes indépendantes, elles présentent toutes un univers unique. C’est en cela que mon travail peu rejoindre une approche picturale. »

Entretien réalisé par Chrystel Jubien

Michel Guillaume : Ciel d’Orage 
Exposition Dix ans de nus
jusqu’au 27 octobre à l’espace « Naturellement »
11 passage Saint-Bernard, 75011 Paris 
Tel. 01 43 14 71 14
Vous pouvez contactez Michel Guillaume :
e-mail : photo-naturellement@wanadoo.fr
entrée libre.
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