expos

 


Pour en savoir plus

- sur le net

le site du ministère des Affaires étrangères

le programme des expositions photogra-phiques du Ministère des Affaires étrangères

- dans les librairies

Vivre au Japon, Hachette, 1980.

Docks : promenade sur les quais d'Europe, Balland, 1996.

Autour du quai, autour du monde, Liana Levi, 2001

prolongations jusqu'à fin octobre 2001 sur les grilles du Quai d'Orsay

photo : Claudia Mélin

entretien avec

Frédéric
de La Mure


Lire la présentation de l'expo

Flu : En quoi consiste votre travail de photographe officiel du ministère des Affaires étrangères ?

Frédéric de La Mure : Je suis chargé de couvrir l'actualité de la diplomatie française en France et à l'étranger : la venue de personnalités étrangères en France et les déplacements du Président ou de ministres français à l'étranger. J'appartiens au service de presse du ministère des Affaires étrangères et mon travail doit permettre de promouvoir l'image de la France dans le monde.

Flu : Les photographies exposées sur les grilles du ministère ont été prises lors de voyages officiels. Comment arrivez-vous à dégager un peu de temps pour effectuer ce travail ?

FdLM : Je dispose parfois d'une heure ou deux pendant les réunions diplomatiques. Je profite de ces moments pour aller faire des photographies. Je n'ai jamais beaucoup de temps, alors j'essaye de toujours me munir de quelques cartes de l'endroit. Je sais à quelle vitesse je peux marcher et la distance que je peux parcourir selon le temps dont je dispose. Après avoir regardé ma carte, je vais à gauche ou à droite et puis je fais un ou deux kilomètres en prenant des images.

Flu : N'est-ce pas trop difficile de concilier votre travail de photographe officiel avec ces autres images ? N'y a-t-il pas une contradiction entre ces deux réalités : la vie diplomatique et la vie quotidienne des gens que vous photographiez par ailleurs ?

FdLM : Non. Pour moi, il s'agit de deux aspects d'une même réalité. Ce qui se passe pendant ces réunions influe nécessairement sur la vie des gens à l'extérieur même si les choses sont plus complexes qu'elles n'y paraissent. J'ai toujours eu une très grande liberté de travail. Ces images plus personnelles n'ont jamais fait l'objet d'une quelconque censure. En tant que photographe du ministère je peux faire des images d'événements diplomatiques ou politiques très importants. J'ai ainsi été le seul photographe autorisé lors des négociations sur le Kosovo au château de Rambouillet en février 1999. À côté de cela, les images que je fais par ailleurs s'apparentent plus pour moi à un carnet de route, une sorte d'écriture visuelle. Je suis allé au Liban, dans le Golfe, au Kosovo, au Cambodge et les photographies que j'en ai ramené sont des moments de vie que j'ai pris comme cela dans la rue et qui témoignent simplement de la situation de ces pays et de la vie des gens. En ce sens, cela me permet d'avoir un double regard sur les choses, de mieux les comprendre et d'en témoigner en tant que photographe.

Flu : Les images de votre exposition ne ressemblent pas à celles des unes de Journaux. Comment considérez-vous votre travail par rapport au photo-journalisme ?

FdLM : Je couvre souvent les mêmes événements que les photo-journalistes. Ils travaillent pour des agences de presse ou des grands journaux et comme photographe des Affaires étrangères je ne suis pas soumis aux mêmes contraintes qu'eux. Je dispose souvent d'aussi peu de temps pour travailler mais je suis moins dans l'urgence. Bien sûr, comme eux, j'utilise aussi maintenant des appareils numériques pour transmettre plus facilement mes images bien que je reste attaché au film photographique et au noir et blanc. Je ne recherche pas l'image qui va faire un scoop. La majorité de mes photographies ont été prise dans l'instant, elles sont le fruit de hasards, de "temps faibles", de parenthèses dans la vie quotidienne des gens que je croise. C'est à cela que je suis le plus attentif.

Flu : Vous voyagez beaucoup et vous ne restez pas longtemps sur place. Est-ce que ce n'est pas trop difficile ?

FdLM : Oui, effectivement. Je me souviens d'un jour où le matin j'étais dans le Golfe dans un camp chiite. Après cinq heures de vol, j'étais à Paris. Une autre fois dans la même journée j'ai dû me rendre à Madrid, Paris, et Jérusalem. Je peux ainsi jouer des décalages horaires et avoir des journées qui n'en finissent pas. Mais j'aime mon métier. La difficulté réside dans la capacité de passer d'un événement à un autre, d'une image à une autre et d'être présent à cet instant précis en oubliant ce qui va suivre. C'est parfois le retour à Paris qui est le plus difficile, lorsque à la terrasse d'un café je me rends compte qu'il y a quelques heures de cela j'étais au Kosovo ou ailleurs. C'est là qu'il faut accuser le choc. Cela donne aussi la mesure des choses et de la vie.

Flu : Pourquoi avoir choisi d'exposer vos photographies sur les grilles du ministère ?

FdLM : Les photos qui sont exposées ont été prises dans la rue, sur le moment. Je trouvais donc intéressant de montrer cette exposition sur ce mode. J'avais vu l'exposition de Yann Arthus-Bertrand au Luxembourg et j'avais beaucoup aimé cette manière d'investir la rue et d'en faire un espace d'exposition. J'ai soumis un projet en ce sens au ministère qui m'a aussitôt soutenu. J'aime l'idée que les gens puissent tomber sur mes photographies de manière impromptue, au détour d'une rue, qu'elle que soit l'heure, et qu'elles les accompagnent pendant quelques minutes. J'aime l'idée qu'ils découvrent tous ces visages et ces pays comme moi en faisant quelques pas avec eux.

Propos recueillis par Claudia Mélin

Lire la présentation de l'expo
Réagissez à cette chronique sur le forum de Flu.

- crédits photos : Claudia Mélin / Ministère des Affaires étrangères - Service photographique


L'œil voyageur
Autour du quai, autour du monde / Frédéric de La Mure
Exposition du 26 juin au 30 septembre 2001 sur les grilles du Quai d'Orsay Rue Robert Esnault Pelterie - Rue de l'Université dans le 7ème arrondissement à Paris Métro : Invalides
---

édiTARD

Plumes

Mp3

Interviews

Blog

Forum