Présentation
"La lumière est celle qui invite à voyager dans les
sens. A troubler le regard ou au contraire à lui donner
une direction. Je passe le soleil à travers le filtre de
ma peau. Le rayonnement intense dévoile la vision d'un corps
lumineux et diaphane.
D'un
monde formel, je m'engage vers un nouveau langage de mon
corps, au-delà de mes repères habituels. Cela devient un
jeu sur la perte des repères. On ne reconnaît pas tout de
suite un fragment identifiable d'une partie du corps, on
s'interroge, des parties se superposent pour laisser place
à un doute. Quelles parties ?
Mon
corps devient le répertoire de formes simples intimes symbolisant
le passage d'une source de lumière à travers la chair :
illumination du lien entre le matériel et l'immatériel."
Laurence
Aubourg
Regard critique de Muriel Vassal sur Laurence
Aubourg
Muriel
Vassal est écrivain de nouvelles et participe à la revue
Jubilate.
La
lumière du soleil et le corps humain sont deux sources de
chaleur intimement liées dans notre quotidien, que nous
ne prenons plus la peine d'observer tant ils font partie
intégrante de nous-mêmes. Par son regard singulier, Laurence
Aubourg se joue du spectateur en photographiant d'une manière
insolite, toujours à des moments de repos où le regard se
pose plus facilement sur les choses et les êtres qui nous
entourent, certaines parties de son corps en parfaite harmonie
avec la lumière extérieure. Elle donne alors un autre sens
aux formes simples et intimes, cherchant à nous pousser
dans un autre monde: celui de l'observation. Regrettant
sûrement que notre regard s'appauvrisse et que notre attention
ne se porte plus sur ces moments familiers, l'artiste, d'une
manière amusante si l'on considère que le fruit de son travail
débute généralement dans un clin d'œil hasardeux, met l'accent
sur ces "petites expressions de la vie". Elle met en symbiose
une partie solide et formelle, évoquée par un paysage ou
une partie précise du corps humain, avec ce qu'il y a de
plus fluide et de plus impalpable, les rayons du soleil.
De ces "zooms singuliers", nous en retenons une perte momentanée
des repères habituels, poussant le spectateur à s'attarder
plus longuement sur ces photographies, cherchant à identifier
quelle partie du corps humain Laurence Aubourg a-t-elle
bien voulu représenter.