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Tom
Wesselmann

le Pop art à l’honneur dans deux galeries parisiennes.

Double exposition à la galerie JGM 8 bis, rue Jacques Callot, Paris 6ème et galerie Enrico Navarra, 76, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8ème. Jusqu’au 22 juillet 2000.


Il vous reste encore quelques jours pour aller découvrir les deux expositions simultanées consacrées à l’un des plus grands artistes du pop art américain encore vivant. Deux galeries se sont en effet associées pour la circonstance, permettant aux habitants de la rive droite comme à ceux de la rive gauche de la Seine d’admirer ses dernières créations.

Tom Wesselmann est l’une des trois grandes figures du mouvement Pop Art américain des années 60. Et le seul encore vivant. Avec Andy Warhol et Roy Lichtenstein, en effet, ils formèrent l’avant garde d’un mouvement qui était en rupture avec les artistes expressionnistes abstraits, ces peintres non figuratifs qui projetaient leurs sentiments et leurs préoccupations métaphysiques sur la toile. Les inventeurs du Pop Art voulaient au contraire combler "le fossé entre l’art et la vie". Réintroduisant la figure dans leurs œuvres, ils reprennent les codes de la société de consommation et ses publicités, mais en les détournant de leur fonction première. Ils aboutissent ainsi à créer des images parfaitement identifiables, sans aucune fonction consumériste, la froideur de leur création invitant le spectateur à une certaine distanciation avec le sujet proposé et révélant par là même un regard ironique et critique porté sur le fonctionnement de notre société.

La galerie Enrico Navarra et la galerie JGM nous présentent ses derniers travaux. Traitant toujours le thème de la séduction, ce sont principalement des œuvres qui sont créées sur du métal découpé au laser puis peintes, le plus souvent à l’acrylique. Le métal et le trait du dessin fusionnent, laissant apparaître le mur blanc qui supporte l’œuvre dans les parties évidées. Seule la couleur, toujours pure, permet avec le cerne de donner vie à un paysage, à une nature morte ou à un nu. 
Poursuivant sa représentation des "Great american nudes" Wesselmann donne à voir ses modèles favoris (Monica, Kate) dans des poses de "pin up" alanguies. Les ébauches des œuvres sont également présentées. Ce sont des cartons peints puis découpés, laissant percevoir le volume que va représenter l’œuvre une fois terminée. Bien évidemment, en regardant ses papiers découpés, on ne peut s’empêcher de penser à Matisse lorsqu’à la fin de sa vie, ne pouvant plus peindre, il faisait préparer des papiers gouachés de différentes couleurs qu’il découpait alors à l’aide de ciseaux, ce qui lui permettait de travailler "dans la couleur" (comme le sculpteur travaille directement la pierre) et de trouver ainsi une solution à l’ "éternel conflit du dessin et de la couleur". Wesselmann semble vouloir ici lui rendre hommage d’une double façon. D’une part en reprenant sa technique du papier découpé, qu’il explore encore davantage en y incluant la troisième dimension. D’autre part en intégrant dans ses propres œuvres des créations du grand maître. Cette dernière manière n’est d’ailleurs pas seulement un hommage. Tous les peintres Pop Art se sont servis de compositions célèbres dans leurs réalisations afin de se les approprier mais aussi de les désacraliser. Fidèle au courant auquel il appartient, Wesselmann reprend Mondrian, Motherwell ou Picasso pour décorer certaines de ses scènes d’intérieurs, les renvoyant dans un simple rôle de figuration.

On aimerait en voir plus. Quand les musées français auront-ils enfin la volonté nous présenter, eux aussi, une exposition rétrospective de ce mouvement dont leurs réserves sont si pauvres ?

Eric de Thévenard

Double exposition à la galerie JGM 8 bis, rue Jacques Callot, Paris 6ème et galerie Enrico Navarra, 76, rue du faubourg Saint Honoré, Paris 8ème. Jusqu’au 22 juillet 2000.

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