|


|
|
jusqu'au
16 novembre à la Fnac Etoile |

|
Willy
Ronis
photographies
|
|
Je nai jamais
poursuivi linsolite, le jamais vu, lextraordinaire, mais bien ce
quil y a de plus typique dans notre existence quotidienne...
Willy Ronis.
|
|
A loccasion du 90ème anniversaire de Willy Ronis, la Fnac Étoile
nous invite à découvrir une quarantaine de photographies que le temps
na pu altérer. De même que Henri Cartier-Bresson, Izis ou Edouard
Boubat, Willy Ronis aborde les réalités du quotidien avec cet oeil
attentif, pudique et profondément humain. Les pavés parisiens quil
arpente, ces guinguettes daprès la Libération quil fréquente,
Willy Ronis nous les restitue avec leur charme dantan. Lautrefois,
le jadis devient littéralement intemporel. Plus quun oeil vif, aux aguets, il possède cette sensibilité
émouvante qui montre les êtres tels quils sont vraiment, sans
artifices et sans masques. A nen pas douter, il mérite le
qualificatif de poète et plus encore peut-être, de magicien. Car, qui
dautres mieux que lui, sait abolir la distance entre nous et ces
ouvriers en colère ou ces badauds agglutinés dans un café Rue
Montmartre (1956) ? Son oeuvre, tenue à distance par le respect et la
pudeur, nest pas arrachée à la vie; elle se nourrit de la vie.
Quelque part, ses clichés prolongent le passé parce quils
convoquent notre mémoire. Si lon a accolé le nom de Ronis à
celui de Robert Doisneau, ce nest pas sans raison évidemment :
des piquets de grève autour des fourneaux à bois ou du célébrissime
portrait de ce Mineur silicosé (1951) se dégagent cette fébrilité de
la vie, cette précarité de lhomme, des thèmes chers au
photographe. Cette exposition, comme bien dautres précédemment,
confirme lapproche classique de Ronis et cette manière quil a de
privilégier le sens à la création pure. Chez lui, le décryptage de limage
doit être immédiat.
Au son dune mélancolie ténue,
nous sommes donc bercés par des courbes douces. Ainsi la chair
féminine du Nu provençal (1949), du Nu couché (1960) ou bien encore
de Villa Médicis (1981) est-elle dévoilée avec une extrême réserve.
De Belleville à Ménilmontant, Willy Ronis a saisi lâme dun
Paris populaire désormais disparu, avec ses gargotes, ses fêtes
foraines et ses impasses sinueuses. Derrière son objectif, il transcrit
la saveur des premiers congés payés.
Saisir la vérité de linstant.
Tout lart de Willy Ronis réside dans ces
quelques mots. Indiscutablement, ses clichés se bonifient avec lâge
et ils valent bien tous les livres dhistoire. Que les instants
éphémères se muent en éternité, voilà le cadeau
que nous offre Willy Ronis.
Anthony Dufraisse
|
|
Willy Ronis , photographies
jusquau 16 novembre
Fnac Étoile : 26-30, av. des Ternes - Paris17ème. Du lundi au samedi
de 10h à 19h30.
|
|
|