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L'expo
de Garry Winogrand
A
l'heure où les festivités et réjouissances du festival d'Avignon
se lancent dans un mois de juillet orageux, les 32ème Rencontres
Internationales de la Photographie d'Arles se sont achevées
dans une ambiance polémique. La troisième et dernière édition
du directeur artistique Gilles Mora laisse un bilan contrasté
du festival. Moins d'expositions cette année - du à un resserrement
budgétaire - moins de festivaliers, moins d'entrain, moins de
rencontres. Mais les organisateurs voient cette édition comme
une année d'assainissement (en grande partie financier) et le
nouveau président, François Barré, entend apporter un nouveau
souffle dès septembre prochain avec la nomination d'un nouveau
directeur artistique.
L'Anonyme,
le thème de la programmation cette année (l'anonymat du sujet
mais non du photographe), a vu s'installer des expositions plus
ou moins pertinentes sur le sujet. De l'exposition de Luc Delahaye
sur les passagers sans âme du métro à l'exposition peu convaincante
sur les Masques - un assemblage simpliste d'images où on se
demande ce que peuvent bien faire des guerilleros cagoulés du
Nicaragua à côté des mises en scène léchées de Witkin, on ne
retient que peu de lieux et temps forts. L'exposition consacrée
à Garry Winogrand et la très belle
soirée de projection au Théâtre Antique où l'on a découvert
pour le première fois ses diapositives couleur, ont été le rendez-vous
sans doute le plus marquant de ces rencontres. Les expositions
de James Caseberre et Stéphane Couturier étaient aussi intéressantes,
mais dans l'ensemble le thème de l'Anonyme a voilé dans un flou
de sens l'ensemble du festival. La dernière soirée a vu la projection
d'un film décevant sur la célébrité "anonyme" Kirsten Owen et
la présentation d'un film de Franck Perrin de la revue Crash.
Ce dernier, sur l'invitation de Gilles Mora, a composé une réflexion
très pertinente sur la mise en réseau de créateurs issus de
multiples univers (musique, mode, création numérique…) qui dans
l'ombre de l'anonymat participent à l'émergence de nouveaux
courants culturels et artistiques.
Mais
au moment où s'achève enfin l'aventure médiatique du Loft, on
aurait pu aller plus loin dans la réflexion sur l'anonyme et
ses rapports à l'image et à son aura médiatique. Finalement
l'ambiance cette année collait à la programmation. Pas d'éclat,
peu d'engagement, tout est dilué et rien ou presque ne sort
du lot. Pour vivre heureux restons cachés.
Chrystel
Jubien
Le
site des rencontres : http://www.rip-arles.org/
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