expos

Du 16 au 18 Novembre à Clermont-Ferrand
Photographies d'Agnès Pataux : la Galerie virtuelle
Photographie Agnès Pataux.


Agnès Pataux
Les gens de la falaise


Photographies Agnès Pataux

Il y a d'abord cette falaise, comme un grand corps, avec ses trous, ses plis, sa peau. On l'imagine forteresse, sanctuaire, cavité primale. On lui sent presque battre un cœur. Puis il y a ces gens, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards dont la peau est comme la roche, les cicatrices comme des racines. Ils sont assis ou allongés parmi les pierres, ils sont accolés à la montagne, et on se demande qui est né de qui : est-ce l'homme qui a fait la falaise, l'a creusée, ou est-ce la falaise qui a donné l'homme ? Ainsi, dans les images qu'Agnès Pataux a faites au pays dogon depuis quelques années et qui sont présentées à la FNAC ITALIE 2 jusqu'au 3 novembre (puis à Clermont-Ferrand du 16 au 18 novembre), tout est corps. Portraits ou paysages, les défis photographiques sont les mêmes : transmettre la force, une forme humble du grandiose qui caractérise ces lieux et ces personnes.

Les Dogons, peuple de l'actuel Mali, ont, dit-on, trouvé un jour refuge auprès de cette falaise pour fuir l'islam et défendre leur religion animiste. La falaise a abrité les hommes en son sein dans des habitations troglodytes qui recueillent aujourd'hui essentiellement les défunts. A flanc de montagne vivent les anciens, qui approchent de la mort. Au pied, les plus jeunes ont construit leurs maisons à côté des hauts greniers aux toits pointus. En contrebas, le fleuve étale lui aussi ses grands membres. Les paysages sont beaux, mais exigeants. La falaise a abrité et façonné les hommes, cette communauté dogon profondément imprégnée de son milieu naturel, tant dans ses croyances que dans son mode de vie où rien n'est encore mécanisé.

Photographie Agnès Pataux.

Dans ce bel accrochage, oasis de calme au sein du fourmillant centre commercial, les images de paysages alternent donc naturellement avec les portraits. Il y a le forgeron, le fils du forgeron, une femme et son bébé, quelques anciens… Ce sont les gens d'Atô, de Sanga, de Youga Piri, ce sont des gens pris et montrés tels qu'ils sont, dans leurs âges, leurs joies et leurs tâches.

Après un long travail sur l'Irlande, c'est en Afrique qu'Agnès Pataux a consacré ses derniers voyages. Pour cette photographe qui œuvre au 6 x 6 (sinon, en 24 x 36, "ce n'est pas de la photographie", dit-elle), la quête entreprise à l'extrême ouest de l'Europe se poursuit dans ce cœur de l'Afrique où elle exprime la même connivence essentielle entre l'homme et son environnement. Des falaises battues par l'océan Atlantique, Agnès Pataux a migré vers une autre montagne, rongée par des vents plus secs. Mais ses images et son approche sont semblables. On y sent le voyage qui déplace, surprend, trouble, la marche avec l'appareil et le trépied à porter, la nécessité de s'installer et de chercher, de prendre le temps pour que l'image advienne. Une démarche à contre-courant des appareils et des reporters à grande vitesse.

Agnès Pataux dit qu'elle photographie peu, ce qu'il faut seulement. La forme, chez elle, est intuitive. Le fond est dans cette "intelligence des émotions" qui nous permet, dans un paysage ou un portrait, d'entrevoir, à travers ce coin de terre ou ce visage particulier, un peu de ces choses qui nous dépassent… Cela ne peut pas nous faire de mal !

Fabienne Siegwart

Photographies d'Agnès Pataux : la Galerie virtuelle

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Agnès Pataux
Après la FNAC Italie ce mois-ci, la même exposition sera visible, du 16 au 18 novembre, à Clermont-Ferrand, dans le cadre de la manifestation "Carnets de voyage".
Un CD du travail d'Agnès Pataux au Mali a été réalisé dans le cadre de la manifestation "Itinéraires des photographes voyageurs" qui a eu lieu à Bordeaux du 3 au 22 avril 2001.
Pour obtenir ce CD, on peut appeler au 05 57 22 86 28.

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