expos

 

>>Liens

Beaubourg
Philip Guston

Philip Guston
KunstMuseum Bonn

Centre Georges Pompidou jusqu'au 4 décembre

Philip Guston Füße auf Vorleger, 1978. 203x 281cm © Philip Guston

Philip
Guston

Peinture 1947-1979


Philip Guston, l'outsider (suite)

Dans la première salle de l’exposition, on découvre trois tableaux abstraits, Red Painting, The Tormentors et Review. Réalisés entre 1947 et 1950, ces toiles sont saturées d’une épaisse peinture à l’huile à dominante rouge sang d’où émergent, menaçantes, d’obscures formes monolithiques noires et marron foncées. De ces tableaux violents et denses émane une lumière inquiétante, qui rappelle par certains aspects l’obscurité lumineuse des peinture noires du Greco.

Plus loin dans l’espace d’exposition, Zone, un fond en coups de pinceaux gris clair duquel se détache, en son centre, un canevas d’épais traits rouges et roses, fait écho à une vue de la Tamise par Claude Monet.

De la fin des années 40 à la fin des années 60, Guston fait montre d’une brillante maîtrise de la matière-peinture. L’expressionnisme abstrait, c’est le manifeste du geste. L’acte de peindre est l’expression ultime de l’artiste, qui doit arriver à faire " disparaître " la peinture pour s’en libérer. Le résultat que produit Guston est magnifique.

Mais il ne tient pas en place, et se lasse même de caresser Dieu avec son pinceau. Et c’est la rupture de 1968, qui le ramène parmi les hommes.

Retour à ses premières amours, qui remontent aux temps de la grande dépression et de la seconde guerre mondiale, durant lesquels l’art pouvait prendre sens dans l’engagement politique. Membre d’un groupe de sympathisants marxistes, Guston peignait dans les années trente des fresques murales autour de sujets tels que le Ku Klux Klan ou la classe ouvrière. A la même période, il découvrait les Surréalistes, et vouait une fascination particulière à Chirico.

Dans ses peintures des années 70, on retrouve, re-contextualisée, la symbolique qu’il avait alors mis en place et on ne peut que regretter que cette période soit à peine effleurée par l’exposition. Porch (1946), évocation d’un carnaval macabres est la seule pièce de l’exposition qui s’y rapporte.

De 1968 jusqu’à la fin de sa vie, Guston produit une peinture symbolique et aisément déchiffrable, une sorte d’alphabet visuel dans lequel la violence militaire et capitaliste (représentée par différents objets : godillots cloutés, masques du KKK, cigares, tuyaux, buildings) vient affronter brutalement divers éléments de la vie domestique (tasses, tapis, ampoules électriques, etc.).

Le choix de la figuration chez Guston n’est aucunement exclusif de l’expression individuelle. Le temps et la mort, parmi d’autres sujets d’angoisse, sont évoqués par des objets familiers (miroirs, montres, fumée) et récurrents. En 1975, toujours saturés de sa signature rouge-rosée, Spleen et Déluge II figurent des têtes torturées accompagnées d’attributs du peintre, le désespoir de l’artiste vieillissant.

Isabelle Régnier

>> retour

Philippe Guston Peinture 1947 - 1979
Jusqu’au 4 décembre.
Centre Georges Pompidou, Piazza Beaubourg 75004 Paris, Galerie 2, tous les jours entre 11h et 21h.
Plein tarif : 40 F / Tarif réduit : 30 F

édiTARD

Plumes

Mp3

Radio flu

Interviews


Courrier