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Philip Guston,
l'outsider
Le
parcours de Philippe Guston (1913-1980) est celui dun peintre
idéaliste enquête de liberté. Jalonnée de ruptures radicales,
reflets de la maturation dune conscience politique, son uvre sarticule
autour de variations sur une couleur rouge.
En 1968,
Guston se détourne de manière définitive de lexpressionnisme
abstrait pour se consacrer à une peinture exclusivement figurative. Il
raconte : " Quand les années 60 sont arrivées, je me sentais
scindé, schizophrène. La guerre, ce qui était en train de se produire
en Amérique, la brutalité du monde, quel genre dhomme suis-je,
assis chez moi, lisant des magazines, entrant dans des colères
frustrées à propos de tout pour finir par rejoindre mon studio et
ajuster un rouge à un bleu. Je voulais être entier à nouveau, comme
lorsque jétais enfant
Je voulais que ce que je pensais et ce que
je ressentais forme un tout. "
En 1970,
sa première série de peintures figuratives, dont lesthétique
évoque celle des comics, est exposée à la Marlborough Gallery
à New York. Les tableaux présentés déçoivent et sont reçus avec
hostilité. Cette rupture formelle entraîne sa séparation davec ce
quon a appelé lécole de New York, au sein de laquelle il sétait
imposé aux cotés de Jackson Pollock, William de Kooning, Barnett
Newman, ou encore Mark Rothko, futurs monstres de lart du vingtième
siècle. Dorénavant,
dans les meilleurs cas Guston allait faire figure doutsider, et dans
les pires, de paria.
De là le
fait quil a fallu attendre lannée 2000 pour que le travail de cet
artiste américain dorigine canadienne franchisse la porte dun
musée français. Quarante-cinq de ses toiles, peintes entre 1947 et
1979, sont actuellement exposées au Centre Pompidou.
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