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Walter Firmo : Le Paris fou du photographe
Alors que souvre lédition 2000 du
Mois de la Photo à Paris consacré précisément à cette ville si aimée des photographes, Walter
Firmo expose à la Galerie Debret des images Noir & Blanc dun Paris rêvé, observé, traqué au moyen de son appareil. Le photographe brésilien est venu parcourir
la capitale française sur les traces des maîtres-photographes qui ont marqué son parcours artistique et qui ont travaillé en ces lieux : Nadar,
Brassaï, Atget, Lartigue,
Kertesz, Doisneau, Bresson. Cest un hommage splendide quil leur rend et quil nous offre. Son regard attisé, sa poésie, son humour retranscrivent la cité
légendaire, chez les artistes du monde entier, et sa vie immortelle. Les images qui ont façonné le Paris littéraire, esthétique, si féru dart, sont interprétées et
transposées dans un plaisir sans cesse renouvelé. Chaque instant de la vie est magnifié et montre une scène nouvelle.
Du jamais vu pourtant si quotidien.
Les photographies de Walter Firmo sont en cela attachantes quelles sauvent du banal, de lanodin, des scènes et des gens quon aurait vite oublié. Ce nest pas
nimporte quel regard qui travaille derrière lobjectif. Le photographe est un fin observateur qui connaît lêtre humain et ses moindres habitudes. Walter Firmo est un
amoureux de la vie, un poète magicien qui joue avec la lumière et rit de lalchimie qui fait naître des vues cocasses, drôles, où la critique la plus féroce du monde
réside dans son auto-dérision. Le cadrage est toujours soigné et vise à offrir une ou des lectures subtiles de la scène photographiée. Des hommes et des femmes se
déplacent dans la rue et des photos publicitaires leur font écho. Un vieil homme courbé marche sur un trottoir tandis quau-dessus de lui une énorme affiche
publicitaire ventant la jeunesse semble lécraser et le pousser vers la sortie du cadre. Auriez-vous remarqué la petite fille de la pub qui tire la langue à la vieille dame ?
Walter Firmo aime jouer avec les parallèles, les mises en perspectives, les rapprochements insolites. Les passagers dun bus, immobiles, font face à des statues qui
ont la même expression. Les maîtres sidentifient à leur chien. Larchitecture de la ville peut ressembler à un décor imaginaire. Cest sa façon de voir de monde. Tout
est question demplacement et dobservation. La dérision est partout, dans un abri bus, sur un trottoir, au fond des cours, au cur des places. Et il nous apprend à
voir. La rue est une scène de théâtre en permanente activité : il suffit dêtre attentif et de regarder. Ensuite le photographe avec talent peut jouer et orchestrer la
partition.
Le « voleur, ingénieur invisible » que Walter Firmo voit en chacun des photographes était bien présent pour ce rendez-vous parisien. En pistant les grands
photographes de Paris, Walter Firmo réussit à nous étonner encore de cette ville restée un peu rétro et si populaire.
Chrystel
Jubien
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