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Patrimoine photographique du Ministère de la culture

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Iran, la Révolution phtographique


Jusqu'au 23 septembre à l'hôtel de Sully 75004 Paris

La Guerre civile espagnole
des photographes pour l'Histoire


Petit rappel historique sur la Guerre civile

la Guerre civile espagnole, des photographes pour l'Histoire est une exposition de photographies qui retrace ce récit en images jusqu'au 28 mars 1939, date de la rédition sans conditions des républicains, et même au delà.

Pour la première fois dans l'histoire, l'actualité internationale est diffusée à travers des photographies. Dès le début du conflit les protagonistes font appel à l'étranger. L'aide italienne est précieuse pour les nationalistes et quelques avions français viennent soutenir les républicains. Les nationalistes compensent leur infériorité initiale en faisant passer en Andalousie les troupes du Maroc et au nord les troupes navarraises coupent la zone républicaine de la frontière française. Un comité de non-intervention est institué par la France et l'Angleterre. Mais l'envoi massif de troupes italiennes et de la légion Condor allemande fait face aux livraisons de matériel de guerre envoyé par l'U.R.S.S. A l'instigation du Komintern se constituent les brigades internationales.

La guerre en images photographiques, par la presse et l'affichage public, exacerba le caractère idéologique des affrontements qui coûtèrent la vie à Federico Garcia Lorca. Pour la 1ère fois, les journaux et magazines permirent non seulement à la population espagnole, mais aussi au monde entier, de suivre l'évolution des combats. Depuis 1850, les colonnes des magazines étaient souvent agrémentés de gravures ou de lithographies réalisées d'après photographies ; cependant dès 1890, les journaux et les revues furent en mesure de reproduire les clichés grâce aux progrès de la photogravure. Des reportages et des articles constitués de photographies brièvement légendées firent leur apparition. Dès le début du siècle, les éditeurs d'hebdomadaires se disputent la faveur du public et multiplient les sujets à sensations tels que les guerres ou les révolutions. Pourtant, les photographes civils qui couvrirent la Grande Guerre ne purent travailler librement sous la censure militaire. Le progrès du matériel photographique et l'audience grandissante des journaux illustrés modifient dès 1925 la conception du reportage de guerre. Parmi les inventions qui entraînent cette évolution, la pellicule 35 mm en rouleau, lancé par Leica en 1925. De nombreux autres appareil utilisant le film 35 mm font leur apparition et l'invention du Rolleifleix à boîtier grand format en 1930 est déterminante. La facilité avec laquelle on pouvait réaliser des clichés, le format réduit des négatifs et la pression des délais de bouclage incitent les photographes à faire développer le film 35 mm en laboratoire par des professionnels. Les agences de photographies de presse se développent, et l'engouement du public pour les actualités cinématographiques pousse les grands organes de presse à adopter une maquette attrayante. Les grands hebdomadaires illustrés de photographies naissent et se développent. Le premier numéro de Life paraît en 1936, riche en images chocs grand format parfaitement reproduites, mais d'autres hebdomadaires, contribuent aussi à la diffusion de la Guerre d'Espagne, comme Look, Paris Match, ou Vu.

La propagande devient difficilement séparable de l'information. Chacun des deux camps tente d'influencer la diffusion de l'information ; le gouvernement autonome de la Catalogne crée un Commissariat de la propagande, publie une revue et met des laboratoires photographiques au service des reporters. Alors que le travail des photographes espagnols fut souvent diffusé anonymement, Robert Capa fut sacré par le Picture Post "le plus grand photographe de presse du monde".

L'exposition révèle les photographies faites par chacun des deux camps : celles du camp républicain montrent surtout des combattants anonymes ou leur famille, celle du camp nationaliste, soutenu par l'Eglise montrent d'abord les chefs, les prélats ecclésiastiques et les phalangistes dans la tradition du culte du héros ou du surhomme. Les recherches de David Balselles, commissaire de l'exposition, des conservateurs des diverses collections, ainsi que les archivistes ont permis d'attribuer ces photographies à leurs auteurs, de localiser la prise de vue, de les dater et d'identifier les protagonistes. Les cartels actuels donnent souvent une légende plus appropriée à la photographie présentée que celle inscrite originellement dans la presse. Ainsi le célèbre cliché montrant une femme espagnole allaitant son enfant et levant les yeux au ciel de Chim (David Seymour) intitulée "femme regardant le ciel sous les bombardements" est aujourd'hui replacée dans son contexte historique qui correspond au jours de mai 1936 à Barcelone. De même l'image souvent controversée de la mort d'un soldat républicain par Robert Capa, photographe d'origine hongroise qui couvrit la guerre d'Espagne pour Vu et le Picture Post, retrouve sa place dans l'Histoire. La légende inscrite par Capa correspondant à la photographie affirmait : "mort d'un milicien pendant une attaque près de cerro Muriano. Cordoue, front d'Andalousie, 5 septembre 1936". Le combattant a été identifié (par Mario Brotons Jordà) comme Federico Borell Garcia, membre des milices d'Alcoi, près d'Alicante. Cette célèbre photographie est devenue l'image emblématique des combattants en faveur de la république pendant la Guerre civile espagnole.

Cette exposition montre aussi des photographies peu connues. La fabuleuse histoire des négatifs d'Augusti Centelles, cachées dans une valises enterrée pendant la dictature et seulement exhumée après la mort de Franco en témoigne. Centelles réalise de nombreuses photographies qui ne peuvent laisser le spectateur indifférent. L'une d'elles montre un combattant en train de tirer, appuyé sur une barricade de fortune constituée de cadavres de chevaux. Le combattant a été identifié, il s'agit de Ramon Baucel qui faisait partie du corps des gardes d'assaut de Catalogne. Un des mérites de cette exposition et de montrer des clichés célèbres, mais aussi des tranches de vie violentes ou tourmentées par la douleur. Beaucoup de femmes, miliciennes levant le poing, mères éplorées devant un cadavre, figures célèbres comme Dolores Iburri dite la "Pasionaria" et son non moins célèbre "no passaran", des enfants isolés ou en groupes jouant à la guerre, en costume de milicien, ou en vêtements de communion faisant le salut fasciste, des hommes dans le feu de l'action courant et lançant des grenades, un reporter en pantalon de golf en tweed - la pipe à la main - en train d'interviewer un milicien et des foules anonymes fuyant en un exode désespéré vers une France qui leur tend les bras avec des camps… entourés de barbelés. Les morceaux de propagande pure et dure sont aussi présents avec des combattants républicains debout sur des ruines, dressant leurs armes au ciel dans des vues prises en contre-plongée, les photographies officielles des généraux putschistes, la moustache fière et la tête dans un halo flou évoquant les nimbes des saints ou des acteurs de cinéma, ou encore des photomontages comme l'affiche de 1936 "Ecrasons le fascisme" réalisée par Pere Català Pic où un pied chaussé de la traditionnelle espadrille s'apprête à enfoncer une croix gammée fendillée dans les pavés.

L'exposition La Guerre civile espagnole, des photographes pour l'histoire est un panorama de la production photographiques de la Guerre civile espagnole : journaux, magazines, affiches, cartes postales de propagande côtoient les 162 photographies à des fins d'informations ou de propagande… une exposition où le réel traverse les filtres du temps, du parti pris pour ne retenir que l'essentiel, l'humain.

Véronique Bouchut
(Note sur le Leica : Claudia Mélin)

Lire aussi Iran, la Révolution photographique
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La Guerre civile espagnole, des photographes pour l'Histoire

Jusqu'au 23 septembre à l'hôtel de Sully, 62, rue Saint-Antoine, 75004, M°Bastille ou Saint-Paul, ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10h à 18h30, entrée 25F.
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